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Environnement Publié

Stress hydrique : Le Maroc fait partie des pays les plus menacés à travers le monde

Classant 165 pays, l’organisation de recherche World Resources Institute (WRI) a prévenu, mardi, du stress hydrique qui menace le monde. Elle alerte notamment que 17 pays abritant 25% de la population mondiale font face à un risque extrêmement élevé, où le Maroc est le 22e Etat le plus menacé.

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Photo d'illustration / Ph. DR.

Dans plusieurs régions du monde et surtout les plus peuplées, le stress hydrique est une menace réelle. C’est l’alerte lancée, hier, par le centre américain World Resources Institute (WRI). Spécialisées dans les questions environnementales, l’organisation a en effet publié des données internationales sur la situation des ressources en eau dans différentes régions, s’intéressant spécialement à la situation dans 165 pays qu’elle classe par ordre de gravité de la situation.

Ainsi, ce sont surtout les régions arabes, d’Afrique et d’Asie du Sud qui vivent le plus grand impact du manque en eau. Le Maroc occupe la 22e position des Etats les plus concernés par la problématique, avec un indice élevé signifiant que 40 à 80% de son territoire est touché par les effets du stress hydrique.

Le Maroc face au défi de la gestion de ses ressources

Sur le plan national et en fonction de la répartition des ressources hydriques disponibles par habitant, ce ne sont pas les régions du sud marocains qui sont les plus touchées, compte tenu de leur climat sec, mais plutôt les zones qui connaissent le taux le plus important en concentration de la population et des activités, ce qui implique une plus consommation plus élevée. Compte tenu de cette configuration, l’étude classe 15 zones marocaines.

Avec un indice de 0,92, Chaouia – Ouardigha est ainsi la plus menacée, enregistrant les taux les plus élevé en termes d’utilisation de l’eau à des fins industrielles, agricoles et domestiques. Elle est suivie de la zone Doukkala – Abda (0,91), de Rabat – Salé – Zemmour – Zaër à égalité avec Gharb – Chrarda – Béni Hssen (0,85), Tadla – Azilal (0,80), le Grand Casablanca (0,78), Marrakech – Tensift – Al Haouz (0,76), Tanger – Tétouan (0,72), Taza – Al Hoceïma – Taounate (0,70), Meknès – Tafilalet (0,64), Fès – Boulemane (0,62), Souss – Massa – Draâ (0,54), l’Oriental (0,48), Laâyoune – Boujdour – Sakia El Hamra (0,36), Guelmim – Es-Semara (0,31).

Autant dire qu’avec des indices proches les uns des autres selon les régions élargies, l’ensemble du territoire national est dans le rouge avec un taux de risques élevé. Mais inversement, les inondations menacent de dommage plus considérables dans le sud, où la Laâyoune – Boujdour – Sakia El Hamra est en tête de classement, suivie notamment de l’Oriental, de Tanger – Tétouan et du Grand Casablanca.

Placée dans son contexte régional et mondial, cette situation est similaire à celle des pays voisins et globalement au Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). En effet, les Etats de la région sont les plus nombreux à occuper les premières places du classement international. D’ailleurs, on retrouve dans celui-ci le Qatar à la première position, suivi de la Palestine, le Liban, l’Iran, la Jordanie, la Libye, le Koweït, l’Arabie Saoudite, l’Erythrée et les Emirats arabes unis (EAU).

Une large zone géographique du monde est menacée

Ainsi, au niveau de l’Afrique du Nord, le Maroc est classé deuxième après la Libye (sixième mondiale) à être concernée par le stress hydrique. L’Algérie (29e) est classée devant la Tunisie (30e) et la Mauritanie (61). Le WRI prévient que «des crises de l’eau autrefois impensables sont en train de devenir monnaie courante», poussant certaines communes à rationner l’eau, lorsque leurs réservoirs ne sont pratiquement pas à sec.

Pour le centre, «les raisons de ces crises sont bien plus profondes que la sécheresse», au vu des prélèvements d’eau dans le monde qui ont plus que doublé depuis les années 1960 «en raison d’une demande croissante». Dans les zones les plus touchées, «l’agriculture irriguée, les industries et les municipalités retirent en moyenne annuelle plus de 80% des disponibilités d’eau», s’alarme encore le centre.

En tout, «quarante-quatre pays, qui abritent un tiers de la planète, sont confrontés à des niveaux de stress «élevés», où en moyenne plus de 40% de l’offre disponible est retirée chaque année», ce qui vulnérabilise les pays qui le sont déjà. 

«Douze des 17 pays les plus stressés par l’eau se trouvent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA)», affirment les chercheurs, expliquant que «la région est chaude et sèche, donc l’approvisionnement en eau est faible au début, mais la demande croissante a poussé les pays encore plus dans des conditions de stress extrême». La région MENA représenterait même «les pertes économiques les plus importantes dans le monde, à cause la rareté de l’eau liée à des considérations climatiques». Des pertes estimées «entre 6 et 14% du PIB», d’ici 2050.

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