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Culture Publié

Que deviendront les vestiges musulmans de Málaga après les travaux de son métro ?

Datés des XIe, XIIe et XIIIe siècles, des vestiges remontant à l’ère islamique de l’Andalousie ne sont pas à leur meilleur état de conservation. A Málaga, une partie a en effet été ensevelie et une autre détruite, alors que la ville vit au rythme de travaux effrénés pour de nouvelles lignes de métro.

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Le conseil municipal de Málaga s'est engagé à rendre visibles les vestiges nasrides découverts sur le chantier de l'extension du métro, mais une bonne partie a été ensevelie / Ph. Álex Zea

Ville du sud de l’Espagne où les califes musulmans andalous se sont succédés pendant des siècles, Málaga a dû s’amputer d’une partie des vestiges témoignant de cet héritage, aux dépens d’un projet d’extension des lignes de son métro qui devra passer dessus, au cœur de ce qui a notamment constitué le quartier nasride de l’ancienne cité califale.

Pour les besoins des travaux, une «bonne partie» des restes dépassant le niveau de la dalle du tunnel a en effet été rasée, tandis qu’une autre a été ensevelie, selon des informations du site local Málaga Hoy. Celui-ci indique qu’un petit segment seulement de ce qui restera de ces vestiges serait extrait pour conservation, dans l’idée de l’inclure à une collection muséale.

A cet effet, «les experts sont toujours en train d’analyser quelle partie de la fin de ces restes sera extraite», indique la même source. La démarche ne serait que la mise en œuvre de «ce qui est déjà envisagé dans la décision» signée par la délégation territoriale de la Culture de la junte d’Andalousie, le 23 juillet dernier.

C’est cette option qui a été pensée pour protéger «les éléments les plus représentatifs» d’une découverte effectuée par les archéologues sur une partie des restes, notamment ceux situés près du centre commercial El Corte Inglés. «C’est dommage ce qu’ils ont fait», déplorent de leur côté certains riverains en passant devant les lieux, cités dans un précédent article du médial local.

Sur les lieux, de grandes machines de bâtiment aplatissent la dalle qui met sous terre une partie des structures du quartier arabe, malgré son état de conservation et sa large extension. En réalité, la situation de ces travaux par rapport aux vestiges n’est qu’une des nombreuses illustrations des difficultés auxquelles se confronte cette ville du sud espagnol.

Des travaux d’excavation jugés impératifs

Le défi de taille auquel se confronte Málaga demeure celui de trouver la manière la plus adéquate de concilier entre deux impératifs : moderniser l’infrastructure et rattraper les retards dans le cadre des projets dans ce sens, tout en garantissant la pérennité de nombreux sites plusieurs fois centenaires.

En juillet dernier, un rapport de l’Agence des travaux publics a tenté de justifier l’incompatibilité de maintenir l’existence de ces vestiges avec les travaux du métro et le projet d’une route de banlieue, qui a constitué jusque-là une partie médiévale selon La Opinión de Málaga.

«Toute solution qui aurait conduit au respect du paysage du quartier arabe dans sa totalité aurait eu des conséquences évidentes sur le développement du la ligne métro, imposant de modifier le tracé ou les conditions d’exécution», explique le rapport, cité ce mois-là par la presse espagnole.

Les premiers travaux d’excavation dans la dernière partie des vestiges ont débuté en mars dernier. Mais depuis, la question de leur conservation fait de plus en plus débat, alors que l’une des options envisagées est aussi de déplacer ce qui peut l’être vers une partie restée vide entre la sortie du tunnel et une rue avoisinante, qui pourrait constituer un grand espace d’exposition avec verres de protection.

Mais en attendant une décision définitive, visiteurs et riverains de la cité andalouse assistent, pratiquement impuissants, à l’inhumation d’une partie de l’héritage de cette ville.

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