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Décès d'une Sahraouie à Laâyoune : Le Polisario mobilisé sur tous les fronts

Depuis samedi, le Front Polisario reste mobilisé pour rebondir sur le drame survenu vendredi soir à Laâyoune où une jeune fille a perdu la vie dans un accident de la circulation. Des lettres ont même été adressées à l’ONU et à l’Union européenne pour fustiger le Maroc.

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Une réunion du secrétariat général du Font Polisario. / Ph. DR
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Le décès de l'étudiante Sabah Njourni, âgée de 24 ans, suite à un accident de la circulation survenu vendredi soir à Laâyoune, continue de mobiliser le Front Polisario. Lundi, le «ministre chargé de l’Europe» du mouvement séparatiste a adressé un appel à l’Union européenne, l’appelant à «demander au Maroc de respecter le droit international et mettre fin à l’oppression dans les territoires sahraouis occupés».
 
Mohamed Sidati, cité par le média pro-Polisario Futuro Sahara, a condamné ce qu’il considère comme l’«assassinat odieux d'une jeune femme du Sahara en marge de la célébration pacifique de la victoire de l'équipe algérienne à la Coupe d'Afrique des Nations 2019». 
 
Dans sa lettre adressée à la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et aux États membres de l'UE, il affirme que la «répression ayant visé les Sahraouis a entraîné l'assassinat de la jeune femme de 23 ans, percutée exprès par les forces de l’ordre marocaines». Et de déclarer que «Sabah participait aux célébrations de la victoire de l’équipe algérienne à la CAN 2019».
 
Un décès récupéré par le Polisario
 
La lettre de Sidati fait suite à la mobilisation de l’association pro-Polisario Adala UK, basée au Royaume Uni. Citée par le journal algérien El Massa, l’ONG a dénoncé «la dégradation de la situation des droits de l’Homme au Sahara à cause des campagnes de répression exercées par les autorités (…) marocaines». Avançant le nombre de «146 blessés» lors des événements survenus dans des villes au Sahara, l’association fait, elle aussi, le lien entre ces événements et le décès de Sabah.
 
Reprenant le flambeau de la mobilisation, Mohamed Limam Mohamed Aali, représentant du mouvement au Danemark, a lui aussi adressé un communiqué à «l’opinion publique» dans ce pays scandinave pour médiatiser le décès de la jeune sahraouie. L’occasion pour lui de prédire «une augmentation du nombre des victimes de ces événements, car plusieurs civils sont dans un état grave». Faisant état d’«arrestations», l’envoyé de Brahim Ghali au Danemark en profite aussi pour pointer du doigt «le fait que le sort de ces personnes arrêtées reste inconnu».
 
Ces réactions font suite à celle du secrétariat général du mouvement séparatiste, réuni samedi à Rabouni. Une réunion durant laquelle Brahim Ghali a adressé une lettre du secrétaire général de l’ONU, l’appelant à «mener une enquête indépendante pour déterminer les circonstances du meurtre de la jeune Sabah (…) et des dizaines de victimes sahraouies à la suite des attaques brutales et de la répression de citoyens sahraouis» par le Maroc. 
 
L’occasion pour lui de déterrer la revendication du Front à ce que la MINURSO, la mission onusienne au Sahara, «dispose d’un mécanisme efficace de protection et de surveillance des droits humains au Sahara occidental».

Un drame loin de la politique

Sabah Njourni est décédée vendredi soir à l’hôpital régional de Laâyoune où elle a été transportée, victime d’un accident de la circulation causé par un véhicule de la police anti-émeute. Elle traversait l’avenue Smara après avoir quitté un institut de langues privé où elle enseignait l'anglais à des enfants, rapporte l’agence espagnole EFE

Celle-ci précise que «la jeune Sabah Njourni ne serait pas impliquée dans les manifestations» qu’a connues Laâyoune et d’autres villes du Sahara. D’ailleurs, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, relayant des moments de ce drame, réfute la version du Polisario selon laquelle la jeune fille prenait part aux célébrations.

De plus, sa sœur Jamaa Njourni, ayant confirmé son décès sur sa page Facebook, a précisé les circonstances du décès, sans aucune reprise du vocabulaire utilisé par le Polisario et ses relais médiatiques pour instrumentaliser ce drame.

Samedi en soirée, le bureau du procureur du roi au tribunal de Laâyoune a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de clarifier les circonstances de ce drame.

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