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Politique Publié

Hirak : Benyoub affirme être «prêt» à discuter après les vives réactions sur son rapport

Au lendemain de plusieurs réactions de la part des détenus du Hirak du Rif tout comme leurs familles, critiquant une «faiblesse méthodologique» du rapport et fustigeant de nombreuses «inexactitudes, mensonges et interprétations», le délégué interministériel aux droits de l’Homme, Ahmed Chaouki Benyoub, a affirmé ce vendredi être prêts à discuter avec «les frères» à Al Hoceima et dans le Rif.

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Ahmed Chaouki Benyoub, délégué interministériel aux droits de l’Homme. / Ph. DR

Alors que son rapport a suscité, et continue de susciter, de vives réactions de la part des activistes du Hirak et d’associations, le délégué interministériel aux droits de l’Homme, Ahmed Chaouki Benyoub, a tenté ce vendredi de réexpliquer les conclusions de son rapport sur le Hirak d’Al Hoceïma.

Intervenant lors d’une rencontre de réflexion organisée par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), le délégué interministériel a d’abord tenu à préciser que les recommandations de son rapport s’adressent aux institutions constitutionnelles. «Car ce qui s’est passé à Al Hoceïma remet en question la nécessité, plus que jamais, d’un diagnostic de haut niveau pour comprendre ce qui s’est passé», explique-t-il.

Pour Ahmed Chaouki Benyoub, le Hirak est la «première manifestation ayant perduré en temps et lieu, ayant été pacifique sous la direction de ses jeunes, avec sa dimension historique et ses revendications profondes et sages et les réactions qui ont été créées autour d’elle et pour elle».

Le point sur les recommandations

Pour répondre à ses détracteurs, le responsable n’a pas hésité à revenir sur les recommandations de son rapport. Il a ainsi énuméré les différents volets de cette partie, à commencer par celui des droits de l’Homme. «Le rapport appelle à cet égard le CNDH à émettre son rapport sur la situation des droits de l’Homme dans la province d’Al Hoceïma et sa région», rappelle-t-il.

S’agissant des allégations de torture, il affirme qu’il s’agit d’un dossier sur lequel il ne «peut pas fermer les yeux», mais déclare que «malheureusement, ça ne rentre pas dans [ses] compétences mais plutôt de celles du CNDH». «Le rapport appelle les autorités publiques compétentes à enquêter sur l’ensemble des allégations de violations contenues dans les rapports de la société civile», insiste-t-il.

Il dit aussi avoir «recommandé à ce que le Médiateur du Royaume prenne le relai» quant au volet sur les relations entre les Rifains et l’administration, et à ce qu’une évaluation soit faite pour se pencher sur l’efficacité du modèle de développement.

Pour ce qui est du quatrième volet, la poursuite de la réconciliation avec la mémoire collective et le territoire, il rappelle que le document recommande «la poursuite de la mise en œuvre des recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation», mettant en avant une étude réalisée en 2008 sur les événements de 1958-1959 et qui «dit ce que le projet de transition démocratique et l’IER n’ont pas réussi à réaliser et à faire».

Ahmed Chaouki Benyoub se dit ouvert à la discussion

Affirmant respecter «ceux qui ne sont pas» présents, en l’occurrence les activistes du Hirak, il affirme que l’Etat «veut discuter» des questions «sérieuses et urgentes». «Je suis prêt à discuter avec les frères à Al Hoceïma, avec la forme qu’ils souhaitent et la façon qu’ils exigent», insiste-t-il.

Pour Ahmed Chaouki Benyoub, «si ce rapport n’avait pas de couleur et du goût, il n’aurait pas sollicité autant de réaction». «Il a permis à ce que nous puissions discuter, quelles que soient les remarques, car ce qui est dangereux sont la récession et l’obstruction», explique-t-il, affirmant au passage être «à la disposition de tout le monde».

«A partir de la semaine prochaine, je suis prêt à ouvrir les discussions autour notamment du rapport et sa méthodologie. Je suis prêt à discuter, de la façon qui arrange les frères, soit dans le cadre de la société civile, soit dans le cadre des coordinations créées.»

Ahmed Chaouki Benyoub

Il affirme aussi avoir «pris la décision d’intégrer une partie dans le rapport relative aux réactions pour les documenter. Il y aura aussi les communiqués des frères à Al Hoceïma, détenus et comité, s’ils le souhaitent». «Je demanderai aux universitaires aussi leurs avis», conclut-il.

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