Menu

Politique Publié

Emploi : Lassée, la Coordination des non-voyants demande l’«asile humanitaire» à l’étranger

L’exécutif est incapable d’imposer aux ministères un quota de 7% des postes d’emploi réservé aux non-voyants, regrette le secrétaire général de la Coordination nationale des non-voyants diplômés. Un contexte qui a amené l’instance à solliciter l’«asile humanitaire» dans d’autres pays.

Temps de lecture: 2'
Des membres de la Coordination des non-voyants lors d'un sit-in sur le toit du ministère de la Famille et de la solidarité. / Ph. AIC PRESS

La Coordination nationale des non-voyants diplômés sans emploi frappe aux portes d’instances internationales. Son bureau a adressé des lettres portant sur son cahier revendicatif aux Nations unies, au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, au Comité des droits des personnes handicapées au Conseil de l’Union européenne, à la Commission européenne et au Parlement européen.

Après avoir égrené la liste des promesses non tenues par les gouvernements marocains successifs, la Coordination a conclu son message en sollicitant «l’asile humanitaire» à l’étranger. «Dans des pays qui acceptent d’accueillir cette catégorie bannie et privée de ses droits les plus élémentaires afin qu’elle mène enfin une vie digne», lit-on dans la missive publiée sur sa page Facebook.

«Le gouvernement ne veut pas des non-voyants dans la fonction publique»

«Solliciter l’''asile humanitaire'' est notre dernier recours après deux décennies d’attente. Lassés par les promesses non tenues du précédent et de l’actuel gouvernement, il ne nous reste que la possibilité d’emprunter cette voie», déplore dans des déclarations à Yabiladi El Houssine Adlal, le secrétaire général de la Coordination.

«Il est regrettable d’en arriver là. Pourtant, tout ce que nous demandons depuis des années, c’est l’opérationnalisation de la loi (signée en 2010 par l’ancien Premier ministre Abbas El Fassi, ndlr) accordant 7% des postes d’emploi dans le secteur public et semi-public à notre catégorie», a-t-il expliqué.

Et d’ajouter que «la ministre de la Solidarité et de la Famille a reconnu, lors de notre dernière réunion du 19 mars, que de nombreux départements ministériels refusent d’appliquer le quota de 7%. Depuis, le fil du dialogue avec Mme Bassima Hakkaoui est rompu. Jusqu’à présent, elle n’a pas répondu à deux requêtes que nous lui avons adressées pour solliciter de nouveaux rendez-vous. Au fil des jours et des mois, nous avons la conviction que l’actuel exécutif ne veut pas des non-voyants dans les rangs des fonctionnaires».

La demande d’«asile humanitaire» de la Coordination nationale des non-voyants diplômés a été précédée par la rédaction d’un rapport sur leur situation, adressé en février dernier au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et par une lettre envoyée au pape François alors qu’il s’apprêtait à se rendre au Maroc en mars.

Visiblement, il ne s’agit pas d’une autre manœuvre de pression sur le gouvernement El Othmani : «Nous avons des personnes en Europe et aux Etats-Unis qui se sont portées volontaires pour transmettre les lettres à leurs destinataires», précise El Houssine Adlal.

Soyez le premier à donner votre avis...
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com