Menu

Politique Publié

Hirak : Saadeddine El Othmani dit espérer une sortie de crise par la libération des détenus

Dans un entretien accordé, mardi, à la chaîne France 24, le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani a évoqué des questions d’ordre national et d’autres internationales. Il a aussi abordé la situation des détenus du Hirak du Rif, bottant en touche, par ailleurs, sur la position du PJD quant au mouvement Al Adl wal Ihsane.

Temps de lecture: 2'
Saâdeddine El Othmani, chef du gouvernement marocain / Ph. DR.

Interviewé mardi sur France 24, le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani a été appelé à s’exprimer sur la situation des détenus du Hirak du Rif. Dans ce sens, il a été questionné sur une éventuelle intention étatique de libérer les prisonniers qui n’ont pas encore bénéficié de la grâce royale, notamment les leaders du mouvement, à savoir Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik ou encore Mohamed Jelloul.

Ainsi, le chef du gouvernement a affirmé qu’il y aurait «sans doute d’autres pas dans ce sens». «Il me semble que la grâce royale aux prisonniers est un comportement politique de réconciliation pour résoudre les problèmes selon des moyens légaux», a réagit El Othmani, pour qui «l’idée n’est pas de critiquer les uns ou les autres». Il s’agit surtout, selon ses dires, de garder en référence l’«expérience pionnière de l’Instance équite et réconciliation», qui dénote d’«une orientation de l’Etat».

Cette déclaration fait écho au point de vue de Mustapha Ramid, qui a exprimé, samedi dernier, ses espoirs de voir une telle mesure inclure prochainement les leaders de la contestation du Rif. Pour le ministre de l’Etat chargé des droits de l’Homme, la vague de grâces qui a bénéficié «à des dizaines de détenus» relève de la «sagesse marocaine qui s’exprime de temps en temps au bon moment». «Le dossier d’Al Hoceima a démarré en étant grand alors qu’il est désormais traité par étapes», a écrit Mustapha Ramid sur sa page Facebook, ce qui rejoint les propos d’El Othmani.

Grâce royale ou amnistie générale ?

Mustapha Ramid explique, plus loin, l’importance d’être au courant des «éléments qui doivent être rassemblés pour une application de la grâce royale», qui contraste avec l’amnistie générale. Pour leur part, des militants du Hirak du Rif ont salué toute initiative visant à les remettre en liberté, à l’image d’El Mortada Iamrachen, Salah Lachkham, Karim Amghar et El Habib Hannoudi.

Cependant, Nasser Zefzafi fustige tout processus de sortie de crise auquel les détenus ne sont pas intégrés.

Il y a plusieurs mois, des proches des détenus ont plutôt appelé à une amnistie générale de leurs enfants, afin de tourner véritablement la page de cet épisode. C’est l’idée notamment d’acteurs associatifs, dont d’anciens détenus politiques incarcérés durant les années 1970 et 1980.

El Othmani tance de nouveau Al Adl Wal Ihsane

Concernant les contestations dans un autre registre, l’interview a porté sur le rôle du mouvement Al Adl wal Ihsane, notamment dans le cadre des grèves des étudiants médecins, au moment où le gouvernement, dirigé par le Parti justice et développement (PJD) a souvent accusé la Jamaâ d’attiser les tensions. «Cette déclaration concernait une situation précise uniquement», a tranché le chef de l’exécutif.

Celui-ci botte en touche quant au sujet, indiquant que «le monde entier traverse aujourd’hui des tensions à tous les niveaux» considérant que «c’est un phénomène qui s’est exacerbé ces dernières semaines». Et d’enchainer : «Le Maroc a été affecté par cette tendance, mais ce gouvernement a vécu moins de contestations que les précédents, lorsque des secteurs entiers étaient à l’arrêt pendant des mois et quand les manifestations dans le centre-ville de la capitale duraient des semaines entières.»

Ainsi, El Othmani considère qu’«il s’agit un phénomène normal dans le contexte international», arguant même que «la contestation est un cri du citoyen qui doit être écouté pour dire que ces contestations ne seront jamais perdues».

Soyez le premier à donner votre avis...
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com