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Religion Publié

Les libertés religieuses au Maroc sous la loupe de l’administration Trump

Les Etats-Unis suivent de très près la question des libertés religieuses au Maroc. Selon un nouveau rapport sur les libertés religieuses dans le monde, l’ambassade américaine à Rabat se dit «engagée dans ce processus par un dialogue avec les minorités religieuses».

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Photo d'illustration. / Ph. DR

Le Département d’Etat a publié, hier soir, son rapport 2018 sur les libertés religieuses au monde. Pour la situation au Maroc, le document rédigé par les services de Mike Pompeo et sous la supervision de Sam Brownback, chef de l’Office gouvernemental pour la liberté de religion, n’a relevé aucun changement dans les lois pénalisant toute expression portant atteinte à l'islam ou des actions de prosélytisme.

Des sanctions qui restent incompatibles avec la signature par le royaume du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. D’ailleurs, son article 18 souligne en effet que «toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion». Un droit impliquant «la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé».

L’ambassade américaine à Rabat suit de très près la question religieuse

Le rapport affirme que «les musulmans sunnites et les juifs sont les seuls groupes religieux reconnus dans la Constitution comme étant originaires du pays». Quant aux autres, les chiites, les bahaïs, les ahmadis et les convertis au christianisme, ils «subissent des restrictions dans l’exercice de leurs cultes». Le document appuie son constat en citant des cas «d’arrestations d'adeptes du christianisme en avril et mai 2017 et d’autres opérées dans les rangs de chiites», mais sans préciser la date.

La question des libertés religieuses au Maroc est d’ailleurs suivie de très près par les Etats-Unis. Des responsables de l’administration Trump, en visite au royaume, «ont rencontré des représentants du gouvernement, notamment du ministère de l’Intérieur et du ministère des Affaires islamiques» avec l’objectif de les encourager à «promouvoir la liberté de religion et la tolérance, y compris les droits des communautés minoritaires», poursuit-on de même source.

D’ailleurs Sam Brownback, chef de l’Office gouvernemental pour la liberté de religion, s’était rendu au Maroc en février 2016. «Des représentants de l'ambassade et du consulat ont rencontré des membres de minorités religieuses et de communautés majoritaires dans tout le pays. L’ambassade a également encouragé et soutenu des programmes conçus pour mettre en évidence la tolérance religieuse», indique le rapport.

Cet engagement de la représentation diplomatique des Etats-Unis au Maroc ne fait que confirmer les conclusions d’une étude réalisée par «The Baker Institute for Public Policy», publiée en mars, sur les leaders qui incarnent l’islam dans les pays musulmans au Moyen-Orient et en Afrique du nord. «Du point de vue des États-Unis, soutenir l’initiative du roi visant à promouvoir un islam modéré exige de la subtilité, car un soutien américain manifeste pourrait saper le statut religieux de Mohammed VI, ce qui irait à l’encontre des objectifs de la sécurité des États-Unis», avait fait savoir un diplomate américain sous couvert d’anonymat.

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