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Politique Publié

Le gouvernement palestinien annonce le boycott de la réunion du Bahreïn par le Maroc

Le gouvernement palestinien a affirmé que le Maroc ne prendra part à la réunion du Bahreïn. En revanche à Rabat l’heure est au silence. La même position a été adoptée par le royaume vis-à-vis de sa participation à la conférence de Varsovie sur la menace iranienne en février dernier. Un autre événement organisé par l'administration Trump.

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Le président palestinien Mahmoud Abbas avec le gouvernement de Mohammad Shtayyeh en avril 2019. / Ph. AFP

Le mardi 11 juin, sous couvert d’anonymat une source à la Maison blanche annonçait la présence du Maroc, au même titre que l’Egypte et la Jordanie, à la conférence de Manama prévue les 25 et 26 juin et qui sera consacrée au volet économique du «Deal du siècle».

En l’absence d’une réaction officielle de la part de Rabat aux nouvelles relayées par l’agence Reuters et des médias israéliens, c’est le gouvernement palestinien qui a pris l’initiative d’apporter un démenti aux confidences de ce haut cadre de l’administration Trump.

Mercredi 12 juin, le porte-parole de l’exécutif palestinien, Ibrahim Melhem a précisé dans une déclaration lue devant la presse que «contrairement à ce qui a été dit hier, le gouvernement palestinien a pris note que les frères au Royaume hachémite de Jordanie, du Royaume du Maroc et de la République arabe d'Égypte n'ont pas annoncé leurs accords de prendre part à l'atelier de Bahreïn». Et d’enchainer en couvrant d’éloges «la coordination entre la Palestine et tous les pays arabes».

Le silence marocain n’est pas une nouveauté

Des propos qui ajoutent davantage de la confusion quant aux multiples zones d’ombres entourant la réunion de Manama. La sortie du porte-parole du gouvernement palestinien s’inscrit-elle dans le cadre d’une tentative de brouiller les cartes, alors que l’Autorité palestinienne a déjà annoncé son boycott de la rencontre du Bahreïn ? Ou bien est-elle le fruit d’une concertation au préalable avec les trois pays arabes ?

Force est de constater que le silence marocain sur cet événement ne constitue pas une nouveauté. Rabat avait adopté la même position vis-à-vis de la conférence de Varsovie, tenue les 13 et 14 février et consacrée à la menace de l’Iran.

Pour rappel, c’est en effet sous couvert d’anonymat qu’une source diplomatique américaine avait révélé le 14 janvier à la chaîne 10 israélienne la participation du Maroc à la réunion organisée dans la capitale polonaise sur la «promotion de la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient». Quatre semaines plus tard, c’est au tour du chef de la diplomatie polonaise, Jacek Czaputowicz, d’annoncer, dans des déclarations à la presse, que «60 délégations» avaient répondu à l’invitation. Et d’affirmer que la délégation marocaine sera conduite par son ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.

Finalement celui-ci n’a pu se rendre en Pologne car l’événement avait coïncidé avec la première visite d’Etat du roi d’Espagne, Felipe VI au Maroc. Mais le royaume n’a pas pour autant opter pour la chaise vide, il y était représenté par le ministre délégué aux Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines, Mohcine Jazouli.

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