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Société Publié

Grande-Bretagne : Modus operandi des gangs musulmans actifs au sein des prisons [étude]

Une étude élaborée conjointement par le ministère britannique de la Justice, l’Université Victoria de Wellington et l’Université de Birmingham révèle l’existence d’un gang au sein du groupe des musulmans, le plus dominant au sein de trois prisons de Grande-Bretagne. Des détenus révèlent comment ce gang fait appel à la violence pour les obliger de se convertir à l’islam et intégrer ce groupe à tendance criminelle.  

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Image d'illustration. / DR

Une étude présentée en ce mois de juin sur le site du ministère britannique de la Justice s’est intéressée aux «gangs» formés par des prisonniers dans trois établissements carcéraux de Grande-Bretagne. Le document révèle comment le groupe le plus dominant serait celui de prisonniers de confession musulmane.

Ainsi, des entretiens ont été menés avec 83 prisonniers adultes de sexe masculin, choisis au hasard, et 73 membres du personnel relevant de diverses fonctions. Les répondants ont ainsi affirmé que «le principal groupe de prisonniers était un groupe important et divers de prisonniers qui se connectaient par le biais d’une religion musulmane partagée».

Un «Muslim Brotherhood» au sein de trois prisons

«Aucun autre groupe n’a été considéré comme dominant ou significatif par rapport au groupe musulman», appelé «Muslim Brotherhood», affirme l’étude.

L’adhésion à ce groupe offre de nombreux avantages, notamment l’amitié, le soutien et la familiarité religieuse. Ce groupe, hétérogène, «souhaite généralement pratiquer sa religion de manière pacifique», précisent ses auteurs.

Les répondants soulignent toutefois l’existence d’un «sous-groupe plus petit et qui fonctionnait comme une bande sous couvert de la religion». Cela offrirait à ses membres la possibilité d’«adopter des comportements anti-establishment et criminels, d’exercer un pouvoir et une influence tout en s’assurant d’une protection». Le document note que les résultats obtenus «sont corroborés par d’autres études selon lesquelles des gangs musulmans opèrent dans des prisons, avec des motivations et des comportements similaires».

Les membres du gang avaient des rôles «clairement définis, notamment des chefs, des recruteurs, des responsables de l’application de la loi». De plus, ce gang serait responsable de la circulation de la majorité des produits de contrebande dans les établissements.

Un gang concentré sur la criminalité, la sécurité et la peur

Les auteurs de l’étude estiment également que les motivations pour rejoindre le gang restent variées mais centrées sur la criminalité, la sécurité, la peur, la protection et le pouvoir. Des comparaisons ont été faites avec des gangs de prisons historiques et les répondants ont reconnu que les problèmes de gangs, en particulier dans les prisons de haute sécurité, étaient une problématique que le personnel avait toujours eu à gérer et qui continuerait à nécessiter une surveillance attentive.

La nouvelle étude révèle aussi comment la violence et l’intimidation étaient monnaie courante au sein du gang, utilisant la religion comme prétexte pour victimiser les autres, comme le rapporte l’un des prisonniers non musulmans interrogés.

«Il y a une pression sous-jacente pour que les gens se convertissent (à l’islam, ndlr) et rejoignent le gang. La tactique qu’ils utilisent consiste à devenir amis avec les personnes qui viennent d’arriver. Si celles-ci ne se convertissent pas, ils (les membres du gang, ndlr) commenceront alors à répandre des rumeurs à leur sujet, affirmant qu’elles seraient des informateurs, afin qu’elles soient ostracisées (exclues). Ensuite, les violences suivront.»

Un prisonnier non musulman

Dans une partie dédiée aux recommandations, l’étude suggère plusieurs approches de gestion, notamment en veillant à la mise en place de systèmes d’identification et de soutien des détenus particulièrement vulnérables, en améliorant la formation et l’éducation du personnel et en faisant appel à des mentors et à des experts externes.

«Alors que la population carcérale évolue, en particulier dans les zones de haute sécurité, avec une augmentation du nombre de détenus relativement jeunes condamnés à de longues peines (…), des efforts devraient être déployés pour recruter des mentors soigneusement sélectionnés, issus des mêmes milieux que les prisonniers», recommande-t-elle.

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