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Société Publié

RAM : La galère des passagers avec les bagages s’éternise

Samedi soir, nombre de voyageurs ayant atterri à l’aéroport international Mohammed V de Casablanca sont restés dans le flou pendant au moins trois heures, sans savoir ce qui est advenu de leurs bagages. Alors que la Royal air Maroc (RAM) se voulait rassurante concernant la grève des bagagistes, la galère des passagers continue.

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Photo d'illustration / Ph. DR.

Samedi en fin de soirée à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, les premiers passagers d’avions venant d’atterrir attendent la sortie de leur bagages. Plusieurs dizaines de minutes, une heure, puis deux heures plus tard, toujours rien. Ils sont de plus en plus nombreux à s’impatienter dans cet espace clos, sans avoir de nouvelles. La situation est semblable pour les vols internes comme pour les voyageurs en provenance d’aéroports étrangers.

«Les bagages n’ont été sortis que trois heures après l’atterrissage», nous affirme ce dimanche Bouchra Ghiati, l’une des passagères en provenance de Paris. «A aucun moment un responsable ne s’est présenté pour informer au moins les voyageurs, leur expliquer la situation ou leur dire à quoi ce retard est dû», dénonce-t-elle, confirmant que «la plupart des livraisons bagages des avions ce soir-là ont connu le même incident, hormis un en provenance d’Arabie saoudite».

De plus «il y avait beaucoup d’enfants en bas âge, des bébés accompagnés de leurs parents et qui ont perdu patience à cause de la fatigue, sans même avoir un distributeur d’eau dans cet espace». En effet, ce dernier est une zone internationale, difficile d’en sortir pour revenir aisément. «Par conséquent, on ne savait pas si on devait partir et revenir le lendemain, ou rester encore à attendre ; on ne savait même pas s’il y avait espoir de récupérer les bagages ou si ces derniers ont été perdus», nous raconte encore Bouchra Ghiati.

Avant de se voir enfin remettre ses bagages en même temps que ceux des autres voyageurs, notre interlocutrice explique que le peu d’informations données à ces derniers est l’initiative personnelle d’un policier «rentré brièvement dans la zone pour tenter de calmer les esprits et annoncer aux passagers les données qu’il avait». «Toujours est-il que n’étant pas bagagiste responsable de la situation, c’est tout ce qu’il a pu faire pour nous», rappelle Bouchra, ajoutant «les concernés, au niveau de l’Office national des aéroports ou de la compagnie aérienne, eux, sont restés absents».

Des péripéties qui en rappellent d’autres

Depuis la semaine dernière, des perturbations du trafic au niveau de l’aéroport Mohammed V à Casablanca ont été observées en lien avec les grèves de bagagistes, selon la Royal Air Maroc (RAM). Par conséquent, nombre de vols ont été retardés tout comme la livraison de bagages à l’arrivée, entraînant une paralysie de quelques heures de l’activité des vols à l’aéroport.

Pourtant, la compagnie aérienne a promis de tout mettre en œuvre pour faire face aux perturbations, indiquant que ses équipes aux aéroports et ses services commerciaux dans les agences et dans les centres d’appel restent mobilisés pour informer les clients et limiter les désagréments provoqués par ce mouvement.

Cette situation est semblable à une précédente qui remonte à avril dernier. «Il y a des personnes qui se sont retrouvées livrées à elles-mêmes sans rien, avec des enfants, sans aucune action de la RAM», nous avait déclaré un passager, expliquant avoir «dû racheter des vêtements, du lait et des couches» pour son bébé.

Car plus récent, une passagère à bord d’un vol en partance de Paris, le 2 juin dernier, s’est plaint sur la page Facebook de la compagnie aérienne de files interminables devant le drop bagage du nouveau terminal, où les bagages ne sortent toujours pas après une heure et demie d’attente, sans informer les voyageurs. «On entend des rumeurs de grève de bagagiste, mais les agents ne savent rien et nient tout», dénonce l’utilisatrice.

«On monte dans l’avion qui fait deux heures de retard pour cause de livraison de bagage lente. Le commandant nous dit ensuite que tout est rentré dans l’ordre et que les valises sont à bord», ce qui s’est avéré faux à l’arrivée, où la centaine de passagers découvre «une dizaine de valises».

«Direction la réclamation des bagages ou on se retrouve au prêt de voyageurs des vols précédents qui eux même n’ont pas reçu de valises (…) vous saviez pertinemment que nos bagages resteraient à Casablanca mais vous n’avez rien dit», s’exclame la voyageuse, avant de préciser que son vol devait partir la veille déjà mais qu’il avait été annulé.

Ces dysfonctionnements qui s’éternisent inquiètent, à l’approche de l’opération Marhaba, avec son flot ininterrompu de MRE désireux de passer la saison estivale au Maroc.

Article modifié le 2019.06.10 à 14h55

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