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Economie Publié

Diaspo #94 : Abderrahim Rochdi ou les ambitions africaines d’un entrepreneur franco-marocain

Tout au long de sa carrière, Abderrahim Rochdi est resté connecté au Maroc, à travers la famille ou encore le business. Aujourd’hui, il tente l’aventure africaine en créant la filiale du groupe Logiq, cofondé avec des amis vers le royaume.

Temps de lecture: 3'
Abderrahim Rochdi, consultant et entrepreneur / DR

Il se définit comme un «pur produit de l’international». Abderrahim Rochdi a grandi et vécu en France, dans la région parisienne, dans une famille de six enfants. Jusqu’à ses 18 ans, il confie avoir «noyauté autour de la région parisienne», déclarant avoir développé un amour pour Paris, car c’est là-bas que les cultures se rencontrent.

De parents originaires de Casablanca, le Franco-marocain se rappelle comment ils avaient connu les grandes et belles années de la ville blanche. «Mon père, un amoureux du Maroc et entrepreneur, rentrait dans le pays quatre fois par an», raconte-t-il, évoquant un «besoin de se reconnecter» aux racines. Et au sein de la maison familiale, le Maroc a aussi été toujours présents, même en France.

«On a toujours parlé arabe à la maison et on a toujours passé au minimum un mois de vacances au Maroc. On a gardé un lien très fort avec le Maroc au-delà de parler la langue, on a baigné à la fois dans la culture marocaine que française depuis tout le temps.»

Abderrahim Rochdi

Un premier projet en collaboration avec neuf copains

Mais avant de devenir aujourd’hui l’un des fondateurs du groupe Logiq, le Franco-marocain âgé aujourd’hui de 45 ans avait débuté sa carrière avec des études en commerce et marketing. Très tôt, il choisit l’étranger pour développer sa carrière. «Ma fin d’études, je l’ai faite en Irlande», se remémore-t-il. Après deux ans passés à Londres et un retour à Paris, il passe ensuite quatre ans de sa vie à Dubaï, aux Etats-Unis et en France.

Celui qui dit avoir eu la chance de rencontre un grand nombre de Marocains résidant à l’étranger, ne manque pas d’évoquer «une communauté très bien organisée» et «des structures qui permettent aux gens de se rencontrer et d’échanger».

Polyglotte, parlant arabe, français, anglais et espagnol, il commence dans le marketing dans un grand groupe, avant de rejoindre un projet de startup pour «permettre à celle-ci de décoller». «C’est ce qui m’a permis de me faire des dents et me dire : je peux le faire», reconnait-il.

Et c’est en 2005 qu’il finit par décider de se lancer en tant qu’entrepreneur et investisseur. «Nous avons ainsi lancé le premier projet qui est Tenso, une aventure à dix et le raccourci de ten solutions (dix solutions)», nous raconte-t-il. Avec ses neuf copains, de différents horizons et de culture, dans les milieux autour de la banque, des process et du marketing, la bande d’amis décide de s’investir dans ce projet d’entrepreneuriat.

«Chacun s’est investi à fond et ce mélange a donné un résultat sympa qui nous a permis, douze ans après, d’envisager de la croissance.»

Abderrahim Rochdi

Le Maroc au cœur de la stratégie de croissance

Il y a un an et quelques mois, l’entreprise d’Abderrahim Rochdi a misé sur le Maroc, annonçant la naissance de Tenso Digital Africa après l’arrivé d’un nouvel associé et sa transformation en Groupe Logiq. «Le Maroc dans la croissance telle qu’on la conçoit a été un sujet très vite important, d’abord parce qu’on a une connaissance du pays et de son développement», nous déclare l’entrepreneur. «J’étais en contact avec le marché marocain puisque j’ai proposé des solutions dans les télécoms et dans le conseil à un certain nombre d’acteurs marocains», déclare ce lui qui affirme avoir vu «l’évolution à la fois des ressources et des mentalités» au Maroc.

«Je suis toujours parti d’un principe simple : nous allons investir et créer une structure là où nous sommes capables d’avoir un marché domestique qui nous permet à la fois de financer une partie des activités tout en nous permettant d’aller un peu plus loin, d’innover et d’adresser d’autres marchés. Le Maroc nous offre cela, notamment à Casablanca.»

Abderrahim Rochdi

Aujourd’hui, Abderrahim Rochdi et ses associés veulent «faire de Casablanca un hub africain». «Nous sommes persuadés que le pôle Afrique de notre groupe va être plus important que le pôle Europe», nous précise le Franco-marocain, avec pleine d’ambition.

Il suggère aussi aux entrepreneurs en France, qu’il soit MRE ou pas, d’«essayer ces nouveaux marchés». «Les zones en Europe sont plus saturées avec une faible croissance et les gens se posent souvent la question ‘quels sont mes relais de croissance ?’ Si tu as en plus la chance de connaitre et de comprendre la culture, cela ne coûte pas très cher d’essayer», conseille-t-il.

 «D’ici, nous avons une autre lecture du monde. Il faut sortir de sa zone de confiance et se dire comment je peux faire», déclare-t-il. Le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest sont déjà en ligne de mire pour Abderrahim Rochdi et ses associés.

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