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Quand Rabat mettait en garde Riyad et Abou Dhabi contre la menace iranienne

Il y a deux ans, le Maroc avait mis en garde l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis contre la menace iranienne. Un avertissement ignoré par les dirigeants de ces Etats. La Déclaration finale du sommet de la Mecque vient de donner raison au royaume.

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Les princes Moulay Rachid et Mohammed Ben Salman en marge du sommet de l’OCI / Ph. MAP
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Le sommet extraordinaire de la Ligue arabe de la Mecque, du 30 mai, a été consacré exclusivement à l’ingérence iranienne dans les affaires intérieures des Etats de la région. Ce qui conforte une position du Maroc, vieille de deux années.

Une préoccupation majeure mais pour le moins tardive de la part de certains dirigeants, martelant deux années durant que l’ennemi est le Qatar. D’ailleurs, le 5 juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte décrétaient un blocus maritime, aérien et routier contre Doha.

Dans la foulée d’autres gouvernements arabes, par «solidarité», avaient décidé de rompre leurs relations avec l’Emirat de Tamim (la Mauritanie et les Comores) ou de rappeler ou de réduire leurs représentations diplomatiques (la Jordanie).

Seul le Maroc avait fait en son temps exception dans les rangs du groupe des «alliés» de Riyad et Abou Dhabi, refusant de prendre des sanctions contre le Qatar. Et au grand dam des Saoudiens et des Emiratis, le roi Mohammed VI avait dans la foulée ordonné l’envoi d’avions chargés de produits alimentaires pour Doha.

Ce soutien de Rabat avait, dans un premier temps, suscité des grincements de dents dans les capitales ayant décidé le blocus, avant d’évoluer vers des comportements hostiles.

Justifications du Maroc

Le royaume se devait alors de s'expliquer. «Cette position repose sur les relations de fraternité sincère liant Sa Majesté le Roi Mohammed VI à ses frères rois et princes des États membres du CCG, les relations de partenariat stratégique et exceptionnel avec les pays du CCG et les liens solides entre le peuple marocain et les peuples de ces pays», précisait le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié le 12 juin 2017. 

Un message diplomatique soulignant que Doha n’est pas l’ennemi, tout en insistant sur l’engagement du royaume à défendre la sécurité des monarchies du Golfe. Le texte rappelait ainsi l’appui du Maroc aux Émirats pour récupérer trois îles occupées par le régime iranien, la rupture de ses relations diplomatiques avec l’Iran (mars 2009) en solidarité avec le Bahreïn, et sa participation à la coalition arabe pour le soutien de la légitimité au Yémen. 

Le  royaume avait d’ailleurs mis en garde Riyad, Abou Dhabi et Manama contre le risque que des «parties non arabes tentent d'exploiter cette crise pour renforcer leur positionnement dans la région et porter atteinte aux intérêts suprêmes de ces pays» ; une allusion à Téhéran.

Deux années plus tard, les faits semblent donner raison au Maroc. Preuve en est la tenue du sommet extraordinaire de la Ligue arabe à l’initiative du roi Salman. Une réunion décidée juste deux semaines après les attaques du 14 mai dernier par des drones appartenant aux forces houthies, soutenues par l’Iran, contre des installations pétrolières en Arabie saoudite.

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