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Religion Publié

Belgique : Une mosquée marocaine annule la conférence d’un prédicateur controversé

Une mosquée marocaine en Belgique a refusé la venue d’un prédicateur officiant aux Pays-Bas. Ce dernier qui a été formé au Maroc est taxé de salafisme et d’avoir permis que des violences à l’égard de mineurs soient commises. 

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Cheikh Said El Mokadni. / Ph.DR

Une mosquée marocaine à Houthalen, en région flamande belge, a déprogrammé une conférence, qui devait être animée, ce vendredi, par un imam très controversé, révèle le quotidien belge Het Laatste Nieuws.

Le cheikh en question Said El Mokadni est accusé par de nombreuses personne d’avoir permis durant de nombreuses années que des violences soient commises sur des enfants dans le pensionnat qu’il dirigeait. Le directeur de la mosquée et conseiller municipal de Houthalen, Hakim Akhim explique au quotidien néerlandais De Telegraaf, avoir pris connaissance des polémiques entourant le cheikh, ce pourquoi ils ont décidé d'annuler la conférence.

«Nous avons davantage entendu parler de lui à travers les médias et nous avons été étonnés par ce que nous avons lu», poursuit-il, faisant référence notamment à un article du quotidien belge : «Le Ramadan amène à nouveau les prédicateurs musulmans controversés dans les mosquées flamandes».

Un passage par le Maroc

Avant l’éclatement de l’affaire en 2017, Said était un des prédicateurs des plus adulés aux Pays-Bas, où il est établi, et dans la région néerlandophone de Belgique. Il entame ses études à l’Institut d’éducation islamique à Dewsbury au Royaume-Uni, ou il mémoirise le coran. Après quoi, il décidera de se rendre au Maroc pour être formé par «d’imminents savants», parmi lesquels figurent «Al-muhadite Sidi Abdullah At-Talidi, Shaykh Ahmad Al-Rommanie et Shaykh Mustafa Buyahyaoui», détaille-t-il dans sa biographie.  

Après le Maroc, le prédicateur se rendra en Egypte et en Inde, où il rencontrera d'autres grandes figures et professeurs en études islamiques, avant de se spécialiser en finance islamique au Bahreïn. Aux Pays-Bas, Said El Mokadni supervisera l’Institut Al Islah à Lochem, pendant plus de 11 ans.

L’institut, qui a ouvert ses portes en 2000 était une sorte d’internat qui proposait une éducation islamique. C’est en 2017, que des parents d’élèves ont dénoncé les abus et violences que subissaient leurs enfants. Dans un reportage du journal néerlandais Trouw, ils évoquent les violences physiques que faisaient subir le personnel de l’école, obligeant les enfants à faire du ménage tard dans la soirée en les frappant.

De nos jours, l’institut ne peut plus accueillir d’enfants dans le pensionnat, mais reste toujours ouvert aux garçons plus âgés et aux adultes qui souhaitent devenir imams et étudier les textes sacrés, note Trouw. Toutefois, cette affaire a fortement impacté l’image de ce centre, qui revendique être «une autorité dans le domaine de la théologie islamique selon la doctrine orthodoxe de l’islam».

Depuis cette affaire, le gouvernement néerlandais a mis en place une législation régissant les pensionnats islamiques aux Pays-Bas, environ une trentaine, note Trouw. Ainsi dès le début de 2016, tous les internats sans dans l’obligation d’informer les municipalités concernées de leur existence, de faire l’objet d’une inspection annuelle et d'exiger à leur personnel une bonne conduite.

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