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Histoire : Abdullah Quilliam le britannique qui se convertit à l’Islam au Maroc

William Quilliam qui prit le prénom d’Abdullah plus tard dans da vie, est un des premiers britanniques à s’être converti à l’Islam, et ce après un voyage au Maroc. On lui doit également l'une des premières mosquées d’Angleterre et un petit manuel sur l’Islam qui sera même demandé par la famille royale britannique.

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Abdullah Quilliam, britannique qui se convertit à l’Islam au Maroc, avant de le propager en Angleterre en 1887. / Ph.DR

L’histoire d’Abdullah Quilliam (1856 -1932) ne ressemble en rien à celle des nombreux renégats qui ont foulé le sol marocain. William Henry Quilliam serait selon ses propres dires le premier Anglais à se convertir à l’Islam au XIXe siècle. L’avocat pénaliste issu d’une riche famille se fait également connaître par ses articles satiriques, qui lui valent une certaine reconnaissance, surtout à Liverpool, sa ville natale.

Son chemin vers la foi se fait par le plus grand des hasards lorsqu’il se rend au Maroc en 1887. Le médecin de Me Quilliam alors âgé de 31 ans, lui conseille de se reposer et lui suggère de se rendre à Gibraltar. Depuis le petit territoire britannique, il embarque dans un autre navire direction Tanger. A peine arrivé, le jeune homme porte son regard sur les côtes marocaines et décrit cette scène où il dit être surpris de voir des hommes faires leurs ablutions puis prier.

«Ils n'étaient pas du tout troublés par la force du vent ni par le balancement du navire. J'ai été profondément touché par le regard sur leurs visages et leurs expressions, qui témoignent d'une confiance et d'une sincérité complètes.»

William Henry Quilliam

William Henry Quilliam passera quelques jours à Tanger où il décide de se convertir à l’islam, une religion qu’il décrit comme «raisonnable, logique et qui ne contredit pas (ses) convictions», note un article de la BBC. Lors de ce chemin spirituel, William affirme avoir été accompagné et guidé par un Marocain qu'il rencontre dans la ville du détroit. Cet homme lui apprend «les principes de l'islam et les liens qui unissent les musulmans» expliquait-il dans un de ses discours au Caire, le 2 août 1928.

Une conversion qui lui apporta la renommée

Après sa conversion, William changera de nom et se fera appelé Abdullah. Il rentre auprès de ses proches à Liverpool et annonça immédiatement sa conversion à l’islam dans les médias locaux, soulignait une publication de l’Université de Cardiff. «Depuis que j'ai quitté Tanger, j'ai été obéissant à l'islam et je me suis rendu à son pouvoir, avouant que c'était la vraie religion», explique-t-il.

La mosquée Abdullah Quilliam de son vivant. / Ph.DRLa mosquée Abdullah Quilliam de son vivant. / DR

Dans sa ville natale, Abdullah Quilliam devient prédicateur et se lance dans la construction de ce qui deviendra la première mosquée de la ville. A cette époque Liverpool était considérée comme la deuxième ville de l’Empire britannique. Et c’est au cœur de celle-ci qu’il parviendra à convertir quelques 200 personnes et plus de 600 autres à travers l’Angleterre.

Les prouesses du renégat ne sont pas passés inaperçues, mais il n’a pas été châtié pour autant. Bien au contraire, la reine Victoria demandera personnellement à ce que son petit manuel «La foi de l’Islam», soit traduit en 13 langues, poursuit la BBC. Ce n’est pas tout, la reine avait même demandé à ce que six autres exemplaires soit livrés à la famille royale.

Ses écrits avaient ainsi permis de «porter assistance aux convertis et aux colons musulmans en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis», écrit l'université anglaise. Abdullah forçait l’admiration surtout celle des dirigeants arabes et musulmans. D’ailleurs le sultan ottoman, le nomma, avec l’approbation de la reine, Cheikh al-Islam des Iles britanniques, note la chaîne de télévision anglaise. L’émir d’Afghanistan le nomme cheikh des musulmans en Grande-Bretagne et le dirigeant perse en fera un de ses conseillers.

Victime d’islamophobie

Bien que défendu par les officiels et par les plus hauts dirigeants, Abdullah William sera pris à parti par des islamophobes. Les autres musulmans de la ville seront eux aussi visés par de mauvais traitements avec comme simple motif leur religion. «Ils se faisaient agressés avec des briques, des abats et du fumier de cheval», souligne la BBC.

Interrogé sur ces évènements, Quilliam estimait que les agresseurs avaient «subi un lavage de cerveau et laissent entendre que nous étions de mauvaises personnes». Il décide ainsi, de fuir Liverpool dans un premier temps en 1908. Quelques années plus tard, il revient dans a zone sud de la ville sous un nouveau nom Henri de Leon.

William, Abdullah ou encore Henri, une chose est sure Quilliam a légué un fort héritage, notamment cette mosquée sur Brougham Terrace. Cette petite mosquée est actuellement en train d’être restaurée et remise au goût du jour.   

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