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Environnement Publié

Tanger : La société civile parviendra-t-elle à sauver les jardins adjacents de la Mendoubia ?

Un haut lieu de l'histoire et de l’écologie à Tanger est menacé de disparition à moins que des considérations politiques ne permettent de lui épargner une fin tragique.

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les jardins adjacents de la Mendoubia à Tanger. / Ph. Bernard Moutin

A Tanger, la société civile a observé hier soir un autre sit-in contre le projet de la mairie de la ville de construire un parking sous-terrain dans les jardins adjacents de la très célèbre Mendoubia. «Les pelleteuses ont commencé, il y a deux jours, à défigurer un haut lieu de la mémoire non pas uniquement pour les Tangérois mais également pour l’ensemble de l’humanité», nous confie Ahmed Ftouh, un acteur associatif.

Une pétition, lancée par des jeunes de la ville, intitulée «Contre la condamnation des parcs de Tanger» apporte davantage de preuves sur l’importance historique du lieu. «Il accueille les tombes des martyrs marocains (onze, ndlr) tombés lors du soulèvement populaire du 30 mars 1952» pour protester contre l’assassinat du leader syndicaliste tunisien Farhat Hachad.

«Des personnalités historiques datant de l’époque du commissariat allemand au XIXe siècle, parmi lesquelles figure le consul allemand Otto Wilhelm Tetgen. Il y a aussi la tombe du Dr. Severo Senaro, arrivé à Tanger en 1884 à la demande du consulat espagnol, nommé ensuite attaché militaire auprès du corps diplomatique espagnol, chargé des affaires médicales».

Des voix brisent le silence

La vague de contestation qui monte, a contraint la Wilaya d’agir. Le wali aurait donné «ses directives» pour la constitution d’une «commission d’enquête» sur le projet de parking approuvé par la mairie présidée par le PJD, indique ce lundi 13 mai le média local Tanja24. Citant ses sources, le site d'information n’écarte pas l’annonce dans les jours à venir «de mesures décisives» à ce sujet par le wali de la région.

Cette intervention du représentant du ministère de l’Intérieur n’est pas sans soulever des interrogations sur son timing et sa finalité alors que la wilaya a observé depuis des semaines le silence. En effet, le conseil communal avait commencé depuis des jours par installer une clôture grillagée autour des jardins adjacents de la Mendoubia avant de donner l’ordre aux pelleteuses de passer à l’action.

Le secrétariat provincial du PJD a également rompu son silence, prenant une longue distance avec les «frères» à la mairie. L’instance s’est dite «préoccupée par les travaux» et la «vague de condamnation» du projet par «les différents acteurs civiles de la ville», indique-t-elle dans un communiqué parvenu à notre rédaction.  

Et d’appeler à «conserver la valeur des jardins de la Mendoubia en tant que legs historique, environnemental et culturel de Tanger». Le secrétariat provincial du parti de la Lampe a suggéré la «solution alternatives à même d’opérationnaliser la réalisation des chantiers de la Grande Tanger mais sans porter atteinte à ce legs». A rappeler que le maire de la ville, Bachir Abdellaoui est membre du secrétariat provincial du PJD.

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