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Sciences Publié

Tamuda : Des chercheurs ont découvert l’emplacement des douves du camp militaire romain

Après des décennies de recherches, les premières découvertes sur le camp romain de Tamuda ont été annoncées et pourraient éclaircir l’histoire de ces lieux.

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Des chercheurs annoncent les premières découvertes archéologiques sur le camp romain de Tamuda. / Ph. Université de Cadix

Des avancées majeures ont pu être réalisées par des chercheurs lors de la dernière campagne de fouilles archéologiques sur le site de Tamuda, dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, indique l’agence Europa Press.

Les fouilles ont porté sur le camp militaire romain au cœur même du site archéologique, précise la même source. Car si Tamuda est connue pour avoir été une ville maurétanienne dont l’édification remonte au IIIe siècle avant JC, elle a également été occupée un siècle plus tard par les Romains qui en avaient fait un camp militaire, pour contrôler les voies commerciales et la révolte des tribus qui refusaient cette occupation romaine.

Ainsi, le site se compose de deux parties distinctes, la ville maurétanienne et le camp militaire romain. C’est dans ce camp que des scientifiques, doctorants et étudiants, d’Espagne, du Maroc, d’Argentine, de Colombie, du Mexique et même d’Equateur, se penchent sur les trésors scientifiques que contient encore ce site.

Premières découvertes archéologiques dans le site

Les recherches ont permis de découvrir l’emplacement des douves du camp militaire romain, explique à l’agence le professeur-chercheur Darío Bernal, de l’Université de Cadix en Espagne. Les références au camp romain sont multiples, mais «cette découverte est la première archéologiquement parlant, d’où son intérêt», souligne-t-il.   

En effet, l’équipe de chercheurs a pu retrouver un vallum, qui selon la définition est soit la totalité, soit une partie des fortifications d’un camp romain. Ce vallum «aurait probablement été construit durant la première période de ce castellum» qui, en latin, fait référence au fortin généralement intégré dans le système de fortification du limes, poursuit le chercheur.

Des fouilles archéologiques sont menées depuis plusieurs années sur le site de Tamuda. / Ph. Université de CadixDes fouilles archéologiques sont menées depuis plusieurs années sur le site de Tamuda. / Ph. Université de Cadix

Cette fortification reprend «les codes des structures poliorcétiques (relatif à l'art d'assiéger les villes, ndlr), consistant à creuser un fossé périphérique autour du camp». Les fouilles dans ce sens vont se poursuivre, annonce le chercheur, ajoutant que d’autres excavations près du mur auront lieu afin de vérifier l’existence de ce fortin.

Par ailleurs, il a également été possible de procéder à des fouilles au sein d’anciennes habitations situées non loin du camp militaire. Il est apparu que les toits s’étaient effondrés et que les cloisons avaient intentionnellement été démolies, révèle le chercheur, qui évoque un évènement tragique dans ces lieux au moment de son occupation.

«La quantité d'objets abandonnés de manière hâtive à l'intérieur, pour la plupart terminés, permet de vérifier le caractère précipité de l'abandon par la population locale maurétanienne face à un événement traumatique.»

Darío Bernal, professeur chercheur à l’Université de Cadix

Ces avancées débouchent sur un autre sujet qui passionne toujours les historiens et archéologues, celui d’un probable passage du célèbre gouverneur romain Quintus Sertorius par le site de Tamuda. «Il est possible que nous soyons face aux premières preuves de la présence de Sertorio dans ces terres africaines», estime Darío Bernal.

Les premières fouilles du site archéologique de Tamuda ont été menées par des chercheurs espagnols lors du protectorat, de 1921 à 1955. A partir de 2005, le ministère de la Culture investit dans le site, classé désormais en tant que patrimoine national, pour l’aménagement. En 2011, le site est inauguré par l’ancien ministre de la Culture Bensalem Himmich. Depuis, deux programmes de fouilles ont lieu chaque année, sous la direction du patrimoine culturel et de deux universités espagnoles.

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