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Politique Publié

Sahara : L’Afrique du sud derrière le report du vote de la nouvelle résolution ?

Au Conseil de sécurité, l’Afrique du sud  souhaite une condamnation du Maroc sur les «entraves» à l’accès de la MINURSO à des acteurs locaux et ses «violations» du cessez-le-feu. Une pression qui serait à l'origine du report du vote de la résolution sur le Sahara.

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Brahim Ghali et Cyril Ramaphosa / Archive - DR

L’adoption de la nouvelle résolution sur le Sahara occidental a subit un léger report de 24 heures. Le projet sera soumis au vote des membres du Conseil de sécurité le 30 avril, comme le confirme le nouveau programme modifié des Quinze rendu public par les Nations unies, coïncidant ainsi avec le jour de l’expiration du mandat de la MINURSO. Cet ajournement n’est pas sans rappeler celui d’octobre 2018.

Généralement les reports sont une occasion pour les parties de parvenir à des compromis sur des points de divergence. Si cette année, les Etats-Unis devraient acter, comme lors des résolutions 2414 et 2440, une prorogation de la mission de la MINURSO au Sahara pour six mois supplémentaires, certains points nécessitant davantage de négociations et du temps.

La nature du rôle attribué à la MINURSO dans l’accompagnement de Horst Köhler lors de ses visites au Sahara occidental ne fait pas encore l’unanimité. Si le Maroc est résolument opposé à une implication active de la mission dans le processus des pourparlers, arguant que son rôle se limite strictement à la surveillance du cessez-le-feu, l’Afrique du sud et les Etats-Unis ne partagent pas cette position.

Dans son rapport, le secrétaire général de l’ONU a relevé les «contraintes qui bloquent l’accès de la MINURSO à certaines interlocuteurs, accès dont elle a besoin pour mieux assister mon Envoyé personnel (…) J’exhorte le Maroc à lever ces contraintes et à donner à la Mission libre accès à ses interlocuteurs locaux».

L’Afrique du sud souhaite une condamnation du Maroc

Le Polisario souhaite, par ailleurs, une «condamnation» explicite de ce qu’elle appelle «les violations du cessez-le-feu par le Maroc». On apprend que l’Afrique du sud, en sa qualité de membre non-permanent et véritable porte-parole du Front, mène dans les coulisses de l’ONU une forte campagne de lobbying pour que le texte intègre cette revendication.

Pretoria souhaite que les Quinze traitent sur le même pied d’égalité le Maroc et le mouvement de Brahim Ghali. Dans sa plaidoirie, elle rappelle notamment que dans la résolution 2414, adoptée le 30 avril 2018, le Conseil de sécurité s’est dit «préoccupé par le fait que le Front Polisario a annoncé qu’il prévoyait de déplacer des fonctions administratives à Bir Lahlou et lui demande de s’abstenir de se livrer à de tels actes déstabilisateurs [...] par la présence du Front Polisario dans la zone tampon de Guerguerat et demande son retrait immédiat».

Le pays de Ramaphosa, devenu le principal avocat du Polisario, tentera de convaincre d’autres membres des Quinze durant cette prolongation.

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