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Liberté de la presse : RSF dénonce le «harcèlement judicaire croissant» au Maroc

Toujours à la 135ème place, le Maroc stagne dans le classement mondial de Reporters sans frontières 2019. En plus de l’expulsion de reporters étrangers du territoire, l’ONG dénonce le «harcèlement judicaire croissant» à l’encontre de journalistes marocains.

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Photo d'illustration. / Ph. DR

Le classement mondial de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), publié ce jeudi, affiche un constat sombre sur la liberté de la presse dans plusieurs pays. Le Maroc, après un recul de deux places en 2018, stagne à la 135ème place sur 180 pays dans l’indice mondial de la liberté de la presse 2019.

Le score global du royaume a connu une hausse de 0,85 points, s’établissant à 43,98 points en 2018, contre 42,42 points dans le rapport précédent (plus le nombre de points est élevé, moins la liberté de la presse est respectée). Cette régression s’explique notamment par «le harcèlement judiciaire à l’encontre des journalistes», d’après l’ONG de défense de la liberté de la presse.

En outre, RSF pointe du doigt les procès visant un certain nombre de personnalités des médias au cours de l’année 2018. «Des poursuites ont été engagées à l’encontre de journalistes professionnels et citoyens, dont plusieurs sont actuellement en prison, et les tribunaux ont imposé des peines d’emprisonnement et des amendes», souligne la même source.

A cela s’ajoute l’expulsion de plusieurs reporters étrangers du territoire marocain, déplore RSF : «Les autorités ont délibérément obstrué les médias nationaux et étrangers qui tentaient de couvrir les manifestations du Hirak dans la région du Rif.» Mais pas que : les journalistes venus couvrir des sujets sur l’immigration ont également été expulsés, dénonce l’ONG, affirmant que cette problématique est «désormais hors de portée».

La Tunisie première dans la région MENA

Après avoir reculé au classement ces dernières années, la Tunisie se hisse à la 72ème place au classement mondial, se plaçant ainsi loin devant les autres pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Au niveau régional, l’Arabie saoudite conserve sa dernière place (172ème), derrière l’Egypte à la 163ème place, ces deux pays figurant parmi les vingt Etats où les médias et les journalistes jouissent de peu de libertés.

Outre la Tunisie, la Mauritanie, qui faisait bonne figure dans le dernier classement 2018 en étant première dans la région, se retrouve cette année à la 94ème place, enregistrant un recul de 22 places par rapport à 2018 (72ème). Derrière le Maroc, l’Algérie se classe à la 141ème place, suivie par la Libye à la 162ème place.

Globalement, le classement pont du doigt le fait que seulement «24% des 180 pays et territoires étudiés affichent une situation "bonne" ou "plutôt bonne" pour la liberté de la presse, contre 26% en 2018», note l’Agence France-Presse (AFP). En effet, l’hostilité, voire la haine à l’encontre des journalistes, relayée dans nombre de pays, a fini par provoquer des passages à l’acte, souligne le communiqué de RSF relayé par l’AFP. Ainsi, durant l’année 2018, l’ONG affirme qu’il y a eu «un accroissement des dangers», faisant du «harcèlement, des menaces de mort et des arrestations arbitraires (…) un des risques du métier».

Sans surprise, les pays scandinaves occupent les premières places du classement, avec la Norvège, la Finlande, la Suède, les Pays-Bas et le Danemark, tandis que les cinq dernières sont occupées par le Vietnam, la Chine, l’Erythrée, la Corée du Nord et le Turkménistan.

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