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Politique Publié

Après deux ans de tensions, El Othmani impose ses choix au groupe parlementaire du PJD

Au grand dam des règles de la démocratie, Saâdeddine El Othmani a réussi à écarter quelques fidèles de Benkirane des postes de responsabilité dans le bureau de la Chambre des représentants.

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Saâdeddine El Othmani, chef du gouvernement et secrétaire général du PJD /Ph. DR.

Après plus de deux années de tensions avec le groupe des députés de son parti, Saâdeddine El Othmani est parvenu, finalement, à imposer ses choix. L’élection du président de la Chambre des représentants, le 12 avril dernier, a en effet souri à Habib El Malki, mais aussi et surtout au chef du gouvernement.

Les élus islamistes, présents lors de l’opération, ont tous voté en faveur du candidat de l’USFP, conformément à la décision prise la veille par le secrétariat général de la Lampe. Cette victoire a donné des ailes à El Othmani et le lendemain, ce dernier a procédé à une mise à l’écart de figures considérées proches de son grand rival, Abdelilah Benkirane, des postes de responsabilité.

Si l’éviction d’Amina Maleainin était attendue, celle de Bouthaina El Kerrouri, épouse d’Abdelali Hamieddine, a fait grincer des dents dans les rangs des PJDiste. Et pour cause, la députée a été élue, dans les premières heures du samedi 13 avril, par ses «frères» et «sœurs» pour succéder à Mme Maleainin au poste de 7e vice-présidente à la Chambre basse.

Au sein du groupe parlementaire, El Othmani veut prendre les choses en main

Cette élection, El Othmani et son groupe de fidèles au secrétariat général l’ont totalement ignorée, désignant Mme Meriem Boujemaâ à la place de Mme Kerrouri. D’aucuns pourraient dire que l’intervention est «légale», arguant du règlement intérieur du PJD. Néanmoins, la démocratie interne en a pris un sérieux coup.

Abdelaziz El Omari, le maire de Casablanca, est un autre député qui a fait les frais de sa «proximité» avec Benkirane, son véritable mentor au parti et au gouvernement. Il a été contraint de quitter la première vice-présidence de la Chambre des représentants, au profit de Slimane El Amrani, le numéro 2 du PJD.

Cette reprise en main d’El Othmani et de ses fidèles sur les députés s’est traduite également par la perte de Driss El Azami de la première place lors de l’opération du vote du président du groupe. Arrivé deuxième après Abdellah Bouanou, il n’a pu conserver son poste qu’après le désistement du maire de Meknès et surtout la bénédiction du secrétariat général de Lampe.

Fort de ses «succès», Saâdeddine El Othmani est passé à l’offensive, décochant des flèches en direction d’Abdelilah Benkirane. Samedi, en abordant devant les parlementaires du PJD le blocage de la loi-cadre sur l’enseignement, le chef du gouvernement a précisé qu’il avait, tout au long de cette période, observé le silence par respect aux vertus du «débat au sein des instances du parti sans imposer [son] opinion» sur le sujet.

«Nous ne sommes pas un parti stalinien. Nous devons être fiers de cette différence de pointd vue, a-t-il déclaré. Au parti, il y a des militants, des positions et différentes idées qu’il faut toutes écouter». Une réponse indirecte à l’ordre donné, début avril sur les réseaux sociaux, par Benkirane aux députés pour voter contre la loi sur l’enseignement. Invité hier à l’émission Confidences de presse sur 2M, Mustapha Ramid a apporté son soutien à l’action d’El Othmani. A quand la réponse de Benkirane ?

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