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Politique Publié

Maroc-CCG : Les crises politiques se suivent mais ne se ressemblent pas

En 2016, la relation entre le Maroc et les pays du Golfe était à son zénith. Trois ans après, la donne a complètement changé notamment avec l’Arabie saoudite et les Emirats. Une situation encore plus délicate que lors de la crise entre Rabat et Doha sous le règne de l’émir Hamad.

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Le roi Mohammed VI avec les chefs d'Etats arabes du conseil de coopération du Golfe. / Ph. DR

La capitale saoudienne a accueilli, le 20 avril 2016, le premier et le dernier sommet ayant réuni le Maroc et les Etats du Conseil de Coopération du Golfe. A cette occasion, le roi Mohammed VI a prononcé un important discours devant ses «frères» de la région.

Le souverain avait commencé en louant «la profondeur des liens de fraternité et de considération qui nous unissent, et la solidité des relations de coopération et de solidarité qui existent entre nos pays». Ensuite, il s’est attardé sur les «manigances» contre «l’intégrité territoriale de votre deuxième pays, le Maroc».

«Le mois d’avril, qui coïncide avec les réunions du Conseil de Sécurité sur l’affaire du Sahara, est devenu un épouvantail qu’on agite à la face du Maroc et, parfois, un moyen de pression ou d’extorsion.»

Discours du roi Mohammed VI

Au moment des faits, les relations entre Rabat et l’ancien secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, étaient extrêmement tendues en raison de son voyage dans les camps de Tindouf.

Pire que la crise avec le Qatar sous le règne de l’émir Hamad

Trois ans après cette réunion, la donne a complètement changé. Une partie des «alliés» d’hier, l’Arabie saoudite avec la montée en puissance de Mohamed Ben Salmane et les Emirats arabes unis sous l’influence de Mohamed Ben Zayed, sont passés de l’autre côté, n’hésitant pas à soutenir financièrement des actions médiatiques, politiques et économiques hostiles aux intérêts du Maroc.

Le timing des messages adressés, les 9 et 10 avril derniers, par le souverain à l’émir du Koweït et au roi du Bahreïn n’est guère fortuit, d’autant qu’ils coïncident avec les récentes manœuvres orchestrées par Ryad et Abou Dhabi contre le Maroc.

Cette situation de crise avec un ou plusieurs Etats du CCG n’est pas nouvelle. Sous le règne de l’émir Hamad, le Qatar s’était fait l’avocat du Polisario et avait mené une campagne contre la candidature du Maroc à l’organisation du Mondial 2006. Néanmoins, son pouvoir de nuisance est resté limité par rapport à ceux de l’Arabie saoudite et des Emirats qui se targuent d’assises financières solides et une influence grandissante dans les pays de la région.

«Le Maroc est libre dans ses décisions et ses choix, et n’est la chasse gardée d’aucun pays», affirmait Mohammed VI dans son discours du 20 avril 2016 prononcé à Ryad. Un passage plus que jamais d’actualité. Une liberté de décision sur le Yémen, le blocus imposé au Qatar, le «Deal du siècle» et la Libye, que les responsables émiratis et saoudiens tentent manifestement d’étouffer.

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