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Religion   Publié

Visite du Pape : La performance à l’institut de formation des imams déplaît aux érudits

La performance musicale lors de la visite du pape François à l’Institut Mohammed VI de formation des imams à Rabat déplaît fortement aux oulémas de l’Orient. Ce lundi, l’Union internationale des oulémas musulmans et l’Union des savants musulmans ont critiqué le «mélange entre l'appel à la prière et les chants ecclésiastiques».

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Caroline Casadesus, Smahi El Harati et Françoise Atlan, accompagnés par l’orchestre philarmonique du Maroc lors de la performance tenue samedi 30 mars à Rabat. / Ph. Capture d'écran

Samedi à Rabat, l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates a organisé une performance musicale à l’occasion d’une visite du roi Mohammed VI et du pape François. Accompagnés par l’orchestre philarmonique du Maroc, Caroline Casadesus, Smahi El Harati et Françoise Atlan sont venus chanter devant le roi et son invité.

Un tableau musical pour illustrer la tolérance et le vivre ensemble entre musulmans, chrétiens et juifs dont le message semble ne pas être passé. Et pour cause, Smahi El Harati, muezzin de grand talent, a débuté sa performance avec l’appel à la prière, psalmodié au rythme d’un violoncelle, avant que ses chants musulmans ne soient mélangés avec ceux des deux artistes et leur interprétation de l’Ave Maria de Caccini.

Sur les réseaux sociaux déjà, la performance musicale a été dénoncée par nombre d’internautes, certains mettant en avant la sacralité de l’appel à la prière, d’autres critiquant une atteinte à l’islam sans précédent.

Et la réaction des organisations d’oulémas musulmans n’a pas tardé. Ce lundi, l’Union internationale des oulémas musulmans (UIOM) et l’Union des savants musulmans ont toutes deux dénoncé cette performance.

Un «comportement regretté et malheureux» et une «fabrication inacceptable»

Ainsi, dans un communiqué partagé sur le site de son président Ahmed Raissouni, l’UIOM a dénoncé «le mélange entre l’appel à la prière et les chants chrétiens de louange au sein de l’institut des imams au Maroc». «Nous avons été surpris et choqués par ce qui s’est passé à l’institut de la formation des imams du Royaume du Maroc et le mélange entre l’adhan (appel à la prière, ndlr), l’un des plus grands rites de l’islam, et les chants ecclésiastiques», dénonce l’association pro-Qatar, considérée comme une organisation terroriste en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. L’UIOM évoque aussi un «comportement regretté et malheureux» et une «fabrication inacceptable».

«La tolérance, la coexistence et le dialogue sont des principes fermes et figurant dans l’islam. Mais ils ne signifient pas qu’il faille abandonner les constantes ni mélanger les grands rites islamiques et les chants ecclésiastiques qui contredisent notre foi et nos rituels.»

Union internationale des oulémas musulmans

Le communiqué, contenant plusieurs versets du Coran, conclut en appelant «tous les érudits musulmans et leurs institutions religieuses à faire leur devoir et à assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leur religion, de leur nation et de ses préoccupations.

Un «événement dangereux» et contraire aux principes de l’Islam

De son côté, l’Union des savants musulmans (USM), basée au Koweït, a elle aussi dénoncé la performance musicale présentée devant le roi Mohammed VI et le pape François. «Ce qui s’est passé lors de la réception du pape est sans précédent, il n’est pas permis de garder le silence à propos de ce mélange ou de l’approuver», indique cette association. «Cela est interdit par le Coran, la sounna et le consensus des oulémas de l’Islam», dénonce encore l’USM.

«Cet événement dangereux porte un coup sévère aux valeurs de la Oumma en matière de religion et de foi, contrairement à ce que certains pensent et considèrent comme la diffusion d’une culture de tolérance et du rapprochement des religions.»

Union des savants musulmans

Pour cette association, «si les musulmans et leurs dirigeants invitent les chrétiens et d’autres à la religion de l’islam, et établissent l’argument et le dialogue constructif qui montrent les croyances correctes, cela permettrait d’avoir un grand bénéfice». «Mais s’engager dans ces actes nous fait perdre une occasion en or de défendre ce que Dieu a élevé et de prôner un dialogue basé sur l’approche prophétique», conclut-elle.

Article modifié le 2019.04.02 à 18h07

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