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Religion Publié

Etude américaine : «70% des Marocains font confiance» à la gestion religieuse de Mohammed VI

Une étude du «Baker institute» sur les autorités religieuses au Maroc a remis en question l’influence des nouvelles figures de l’islam politique ou soufies.

Temps de lecture: 2'
Le roi Mohammed VI, commandeur des croyants / Ph. MAP

Quels sont les leaders qui incarnent l’islam dans les pays musulmans au Moyen-Orient et en Afrique du nord ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre «The Baker Institute for Public Policy» dans une étude appuyée par des sondages ayant couvert 12 pays dans les deux régions.

Au Maroc, les rédacteurs ont sondé les opinions de 2.990 personnes. C’est, d’ailleurs, le deuxième échantillon le plus fourni derrière l’Egypte avec 3.013 individus interrogés.

L’analyse du cas du Maroc révèle que la monarchie n’est pas parvenue à «centraliser» le pouvoir religieux entre ses mains. «D’autres sources de l’autorité religieuse continuent de concurrencer le Commandeur des croyants, notamment des groupes islamistes et des partis politiques ainsi que des leaders soufis et salafistes», écrit Annelle Sheline du «Baker Institute».

«70% font confiance» ou «entièrement confiance» à la gestion de Mohammed VI

Et de rappeler que le roi Hassan II avait fait face «à un défi particulier» de la part du mouvement Al Adl Wal Ihsane. Fondé en 1973 par Abdeslam Yassine, le «groupe a rejeté la légitimité politique et religieuse du roi». Toutefois, l'experte a reconnu que l’actuel secrétaire général d’AWI, Mohamed Abbadi, «n’a pas le charisme de son prédécesseur». Elle a également classé le PJD, au même titre que des figures salafistes et soufis, parmi les sources qui pourraient livrer une certaine concurrence à l’autorité religieuse du roi.

Néanmoins les résultats du sondage ont apporté un son de cloche totalement différent de l’analyse, remettant en question certaines vérités véhiculées sur l’influence d’Al Adl Wal Ihssane. Ainsi à la question : «Lequel des chefs religieux suivants approuvez-vous ?», 48% des sondés ont choisi Mohammed VI, alors que Saâd-Eddine El Othmani n’a obtenu que 8% des réponses. En revanche 25% ont affirmé qu’ «ils n’approuvent pas de leaders religieux» et 4% n’ont pas été satisfaits par la composition de la liste proposée par les chercheurs, préférant l’option «autres». Quant à Mohamed Abbadi d’AWI, Jamal-Eddine Kadiri, chef de la Tariqa Boutchichiyya et les salafistes Omar Haddouchi et Mohamed Maghraoui ont recueilli chacun environ 2%.

La place du monarque a été aussi confirmée par 70% des sondés qui font «confiance» ou «font entièrement confiance» à sa gestion des affaires religieuses alors que 43% ont répondu qu’ils «ne font pas confiance» au chef du gouvernement, El Othmani. Le statut qu’occupe le roi ne doit pas surprendre, en Iran plus de 50% approuvent le leadership d’Ali Khamenei.

L’étude sur le cas du Maroc se conclut sur des confidences d’un diplomate américain à l’ambassade à Rabat. «Du point de vue des États-Unis, soutenir l’initiative du roi visant à promouvoir un islam modéré exige de la subtilité, car un soutien américain manifeste pourrait saper le statut religieux de Mohammed VI, ce qui irait à l’encontre des objectifs de la sécurité des États-Unis».

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