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Politique Publié

Algérie : Le chef des armées lâche définitivement Abdelaziz Bouteflika

C’est désormais officiel. L’armée algérienne a fini par lâcher Abdelaziz Bouteflika. Son vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah s’est prononcé ce mardi en faveur de l’application de l’article 102 de la Constitution algérienne. 

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Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, en compagnie d'Abdelaziz Bouteflika. / Ph. DR

Même l’agence officielle APS l’annonce à la une du fil de ses dépêches. La déclaration du général de corps d'Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'Etat-major de l'Armée nationale populaire (ANP), réclamant l’application de l’article 102 de la Constitution n’est pas passée inaperçue.

«Dans ce contexte, il devient nécessaire, voire impératif d’adopter une solution pour sortir de la crise, qui répond aux revendications légitimes du peuple algérien, et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’Etat», a précisé le général dans une déclaration lors de sa visite à la région militaire d’Ouargla. «Une solution à même d'aboutir à un consensus de l’ensemble des visions, et faire l’unanimité de toutes les parties, à savoir la solution stipulée par la Constitution, dans son article 102», enchaîne-t-il ?

5 mois pour préparer l'après Bouteflika

Certes, Ahmed Gaïd Salah, en sa qualité de vice-ministre de la Défense et chef des armées, n’est pas habilité à déclarer la vacance du pouvoir. Mais cette intervention est de nature à faciliter le recours à l’article 102 de la Constitution algérienne.

«Lorsque le président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit, et après avoir vérifié la réalité de cet empêchement par tous moyens appropriés, propose, à l'unanimité, au Parlement de déclarer l'état d'empêchement», précise le texte.

L’étape suivante est la convocation d’une réunion conjointe des deux Chambres du Parlement algérien pour se prononcer «sur l’état de l’empêchement à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres et [charger] de l'intérim du Chef de l'Etat, pour une période maximale de quarante-cinq (45) jours, le Président du Conseil de la nation» (la Chambre haute) que préside Abdelkader Bensalah du Rassemblement national démocrate (RND), un autre membre du clan d’Oujda.

Le recours à l’article 102 de la Constitution permet aux véritables tenants du pouvoir de gagner du temps. Le législateur a prévu, d'ailleurs, d’accorder une période supplémentaire pour la phase de transition.

Mais en total, «le Président du Conseil de la nation assume la charge de Chef de l'Etat pour une durée de quatre-vingt-dix (90) jours au maximum, au cours de laquelle des élections présidentielles sont organisées», poursuit le texte.

Ce qui laisse presque cinq mois au pouvoir algérien d’organiser la succession d’Abdelaziz Bouteflika sans risquer une confrontation aux conséquences imprévues avec la rue. La demande du général Salah intervient juste après le rejet formulé par l’ancien Premier ministre, Mouloud Hamrouch, l’une des dernières personnalités encore crédibles en Algérie, d’assumer un poste de responsabilité dans l’après-Bouteflika.

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