Menu

Terrorisme Publié

Nouvelle-Zélande : Témoignage d'un Marocain de Christchurch

Ce vendredi, la Nouvelle-Zélande a été secouée par une fusillade sanglante perpétrée par Brenton Tarrant, un terroriste australien qui a ouvert le feu dans deux mosquées à Christchurch. L’attentat a laissé le pays sous le choc, surtout sa communauté musulmane. Un ressortissant marocain en témoigne auprès de Yabiladi.

Temps de lecture: 2'
Mohamed Abbari, chef cuisinier installé à Chrischurch depuis 1993 / Ph. DR.

S’il existe un pays où la communauté musulmane s’est jusque-là considérée prémunie d’attaques terroristes la visant, ce serait bien la Nouvelle-Zélande. Cependant, le pays a été sous le choc aujourd’hui après qu’un terroriste australien, suprémaciste blanc et ultranationaliste, a ouvert le feu dans deux mosquées en faisant 49 morts et une cinquantaine de blessés. Ressortissant marocain établi dans le pays depuis 26 ans, Mohamed Abbari, qui tient un restaurant à Chrischurch, confie à Yabiladi que «tous les citoyens sont encore sous le choc et n’arrivent pas à croire à ce qui s’est passé».

«Nous passons par une période très difficile», nous déclare-t-il ajoutant qu’«à une heure du matin, beaucoup de gens n’arrivent toujours pas à dormir après cet acte terroriste ; personne ne s’attendait à cela». Dans une ville où la communauté marocaine reste très minoritaire, le chef cuisinier estime que «l’ensemble des musulmans dans le pays, des réfugiés pour la plupart, près de 3 000, sont tous encore choqués des suites des événements».

«Nous étions unanimes sur le fait que la Nouvelle-Zélande était bien prémunie de tout acte de terrorisme international, contrairement à la plupart des autres pays.»

Mohamed Abbari, chef cuisinier marocain installé à Chrischurch

Epargné miraculeusement par la fusillade

Mohamed Abbari estime ainsi avoir échappé de justesse à la fusillade. En effet, il explique se rendre régulièrement à l’une des deux mosquées visées – l’une chiite et l’autre sunnite – exactement à l’heure de l’attentat. «J’attendais un ami qui devait m’accompagner aujourd’hui, mais comme il avait eu du retard, nous n’avions pas pu y aller», affirme-t-il à l’heure où il reste sans nouvelles de trois de ses collègues de travail.

Ce vendredi, après son service au restaurant, le chef cuisinier devait justement effectuer la prière du vendredi dans les lieux. «Sur mon chemin en voiture, j’ai vu plusieurs véhicules de la police rouler à vive allure ; j’ai ensuite appris que la mosquée avait été attaquée et que le premier bilan provisoire était de sept morts», nous explique-t-il.

«En Nouvelle-Zélande, nous n’avons jamais fait l’objet de racisme. Nous n’avons jamais ressenti que nous n’étions pas les bienvenus, raison de plus pour que cet acte terroriste nous choque terriblement.»

Mohamed Abbari, chef cuisinier marocain installé à Churchville

La police néo-zélandaise aurait sous-estimé la menace

Pour le Marocain, cette fusillade est «clairement un acte terroriste barbare», mais qui illustre en partie «un échec des autorités locales» à prévenir des passages à l’action. D'ailleurs, depuis quelques jours, Brenton Tarrant a rendu publiques des déclarations où il exprime son intention de s’attaquer aux musulmans.

A la suite de l’attentat, la police néo-zélandaise a ordonné la fermeture temporaire des mosquées. «Les écoles le sont tout autant», précise Mohamed Abbari.

Le ressortissant déplore aussi le fait que les services consulaires marocains ne soient pas au fait de ce que vit la communauté marocaine après les faits. «Personne ne nous a contactés pour s’enquérir de notre situation ; on vient vers nous en cas de besoin, mais maintenant que nous vivons un drame, nous n’avons aucune attention», regrette-t-il.

Soyez le premier à donner votre avis...
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com