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Politique Publié

Le Maroc a-t-il interdit la délégation iranienne d’une réunion de l’OCI tenue à Rabat ?

Alors que des médias arabes rapportent que le Maroc a empêché une délégation iranienne d’entrer sur le territoire national pour participer à la Conférence de l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), une source a précisé à Yabiladi que c’est ladite délégation qui a choisi de ne pas y assister.

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La Conférence de l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) se tient à Rabat depuis mardi. Sa clôture est prévue en fin de cette journée du jeudi / Ph. Chambre des représentants du Maroc

Ce jeudi marque la dernière journée de la 14e session de la Conférence de l’Union parlementaire des Etats membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Etat pourtant membre, l’Iran a été absent de cette rencontre. Selon des médias arabes, les officiels venus de Téhéran auraient été interdits d’accès au territoire marocain à l’aéroport de Casablanca. Cependant, une source autorisée au sein du parlement du Maroc nie les faits auprès de Yabiladi. Notre interlocuteur, qui a requis l’anonymat, indique qu’«une invitation a été adressée par le Maroc, en sa qualité d’hôte, dans le respect des usages internationaux lors de ces rencontres».

Et d’ajouter : «Le Maroc aurait pu exprimer ses réserves sur la présence de la délégation iranienne, mais cela n’est pas arrivé. En témoigne la présence d’un groupe de responsables iraniens au Secrétariat général de l’OCI actuellement. En l’occurrence, le Secrétaire général adjoint à l’OCI, qui est iranien, est bien parmi nous en ce moment.» Ainsi, notre source assure que «ce sont les Iraniens qui ont choisi de ne pas assister aux travaux». Elle ajoute que «le Maroc a informé le secrétariat général de l’OCI qu’il accorderait les visas nécessaires aux Iraniens, qui seraient traités conformément aux règles internationales comme toutes les autres délégations étrangères participantes.»

Des sécuritaires non grata au Maroc ?

Commentant les versions véhiculées par d’autres médias et selon lesquels des sécuritaires accompagnant ladite délégation auraient été interdits de territoire au Maroc, notre source laisse entendre qu’il existe deux niveaux. «Les questions liées à la sécurité sont du ressort des parties concernées par ce volet, mais la délégation (politique, ndlr) n’a aucunement été empêchée», explique-t-elle.

Parallèlement, notre source précise que «la déclaration finale sera publiée en fin de journée, en clôture de cette session qui se déroule avec succès ; un message de félicitation et de remerciement sera adressé au roi pour son haut patronage garantissant le bon déroulement de la conférence et qui sera signé par toutes les délégations, sans exception».

«Les règles veulent que la présidence de l’événement soit transférée au pays hôte de manière automatique. Ainsi, le protocole prévoit que l’ancien président prenne la parole brièvement en ouverture pour effectuer cette passation, ce qui a été fait», nous déclare-t-on à propos du transfert de la présidence de la rencontre aux organisateurs marocains. «Puisque la délégation iranienne n’était pas présente, elle a été automatiquement transférée au Maroc et Habib El Malki a présidé les travaux», explique encore le même interlocuteur.

Les médias arabes soutiennent une «interdiction»

Ce jeudi, le quotidien panarabe Asharq al-Awsat a rapporté que les autorités marocaines auraient interdit l’entrée de territoire à des membres de la délégation iranienne. «Suite à cela, l’Iran a boycotté les travaux de la Conférence et de la 14e session du sommet de l’Union, qui devait connaître la participation d’Ali Larijani, président de l’Assemblée consultative islamique du pays», écrit le journal. Selon la publication, Mohammed Qureshi Nias, président de l’Union parlementaire des Etats membres de l’OCI, considère que l’absence de la délégation iranienne est «en dehors de la volonté de cette dernière».

«Nous avons appris qu’ils avaient atterri à Casablanca, mais qu’ils avaient été renvoyés vers Téhéran sans être notifiés des raisons de cette mesure», ajoute-t-il, cité par le média et expliquant qu’il s’agit d’«une décision relevant de la souveraineté des Etats». «Nous espérons que de telles situations ne se reproduiront plus entre frères ; nous devrions tirer les leçons de cet incident afin que nous ne soyons plus confrontés à l’absence de l’un des pays membres ayant le droit d’assister aux travaux des conférences», espère Mohammed Qureshi Nias.

Par ailleurs, le portail Arabi21 indique que cette absence s’inscrit dans «un nouveau développement du différend diplomatique entre le Maroc et l’Iran». En mai 2018, le Maroc a interrompu ses relations diplomatiques avec l’Iran après avoir considéré que Téhéran apportait un soutien militaire au Front Polisario, par le biais du Hezbollah libanais.

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