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Société Publié

Education nationale : Les syndicats et des enseignants contractuels ne décolèrent pas

Cette semaine, plusieurs coordinations et syndicats du secteur de l’Enseignement investissent les rues des villes marocaines dans le cadre de plusieurs grèves nationales. Si les enseignants contractuels refusent l’offre du gouvernement et annoncent un semaine de grève, même les professeurs agrégés et ceux de la «cellule numéro 9» sont en colère contre l’exécutif d’El Othmani.

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Une marche de la Coordination nationale des enseignants contractuels. / Ph. Hespress

Au Maroc, le secteur de l’Education nationale vit cette semaine sur le rythme de plusieurs grèves nationales annoncées. Ce lundi, le collectif de «la cellule numéro 9» auraient investi les locaux du ministère de l’Education nationale à Rabat, scandant des slogans dénonçant leur situation. «Les autorités sont intervenues avec la force pour déloger les manifestations. Il y a eu des interpellations», nous confie ce lundi une source partisane.

Et ils ne sont pas les seuls en colère contre le gouvernement d’El Othmani. A partir de ce lundi, la Coordination des enseignants contractuels débute une semaine de grève nationale. Elle prévoit, tout comme les professeurs agrégés et d’autres syndicats, d’organiser une marche nationale à Rabat.

Une rencontre au sujet des enseignants contractuels... sans les enseignants contractuels

Ce week-end, la coordination a annoncé tout comme les syndicats les plus représentatifs du secteur, le rejet de l’offre gouvernementale les concernant. L’exécutif de Saadeddine El Othmani via le ministre de l’Education nationale Said Amzazi a rencontré samedi les syndicats pour évoquer l’épineuse question des enseignants contractuels. Une rencontre où ni la Coordination ni ses représentants n’ont pris part. Rabii El Garai, membre du conseil national de ladite coordination persiste et signe. «A la base, nous ne pouvons pas dire que nous avons refusé l’offre du gouvernement car nous n’avons reçu aucune offre officielle», nous confie-t-il affirmant que la coordination «n’a pas été convoquée à ladite rencontre».

«Nous estimons qu’il s’agit d’une simple tentative et nous dénonçons la participation d’enseignants appartenant à certains syndicats à cette rencontre. Des enseignants qui ne nous représentent pas et ne font pas parties de notre conseil national. Le gouvernement n’a fait que ramener une nouvelle offre avec un vocabulaire différent. Nous demandons l’annulation du recrutement par contrat dans la fonction publique, que ce soit aujourd’hui ou dans le futur.»

Rabii El Garai

La coordination exige l’intégration de toutes les promotions d’enseignants contractuels dans la fonction publique mais également la mise en place d’une «loi-cadre unique pour gérer l’ensemble des enseignants au Maroc». Une demande partagée également par les syndicats les plus représentatifs du secteur. Abderrazak El Idrissi, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), nous déclare ce lundi que les syndicats réitèrent cet «appel à l’unité au sein du secteur de l’Education nationale». «Nous nous dirigeons vers une diversification des types de recrutement, avec des recrutements dans le cadre de la fonction publique, des recrutements par contrat dans les académies régionales et le recrutement par société de gestion déléguée», dénonce-t-il.

Les syndicats pointe la vulnérabilité des nouvelles recrues

Notre interlocuteur rappelle que «le ministère n’a pas rempli ses engagements et n’a pas convoqué les enseignants contractuels», à la réunion du samedi, comparant au passage l’offre gouvernemental à un «nouvel emballage du dossier des enseignants contractuels».

«Pour nous, ce qui a été proposé ne répond pas aux attentes ni des personnes concernées, ni pour nous en tant que syndicat. C’est une autre forme de contrat et de recrutement par les académies. Nous appelons à ce que le recrutement soit à travers le ministère de l’Education nationale, dans le cadre de la fonction publique pour assurer la stabilité de l’emploi et mettre fin à la vulnérabilité et à la flexibilité du travail.»

Abderrazak El Idrissi

Interrogé sur les autres dossiers chauds du secteur de l’Education nationale, le secrétaire général de la FNE estime que «rien ne marche». «Cela n’avance pas. Je ne sais pas ce que veut le gouvernement en maintenant cette situation alarmante de l’école publique, soit une école des pauvres», regrette-t-il.

La marche de mardi à Rabat devrait accentuer la mobilisation des enseignants avec notamment la participation des coordinations régionales de Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat et Marrakech-Safi tout comme d’autres catégories professionnelles. 

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