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Société Publié

France : Des victimes marocaines de chantage à la carte de séjour témoignent

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Image d'illustration. / DR

Triste constat pour cette journée internationale de la femme. En France, chaque mois, 4 à 5 nouvelles femmes victimes de chantage se font connaître. Un phénomène qui serait en plein essor, partout dans l’Hexagone, rapporte l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) qui lance une caravane à travers la France pour épauler ces femmes.

Le Parisien rapporte jeudi le témoignage de Sarah et Siham, deux Marocaines, ainsi que Céline, qui est Algérienne. «Les trois sont de jeunes mariées mais ce n’est pas leur seul point commun. Toutes sont victimes de ce qu’on appelle le chantage à la carte de séjour», indique le journal.

Ces femmes se sont mariées, par amour, à des hommes français rencontrés au pays. Une fois la carte de séjour obtenue au titre du regroupement familial, elles sont venues en France pour s’y installer. Mais elles font aujourd’hui face à un constat amer : «soit elles se pliaient à la loi du mari ou de sa famille, soit elles étaient chassées du domicile et risquaient de perdre leur titre de séjour», poursuit le journal. Car une fois ces épouses «lâchées», un simple courrier à la préfecture permet au mari indélicat de priver sa conjointe du titre de séjour.

«Au Maroc, j’avais un bon métier, j’étais indépendante. Mon mari me disait qu’il voulait que ça continue en France. Et puis quand il a vu que j’essayais de trouver du travail ici, ça n’est pas passé», dénonce Sarah, mise à la rue et qui a erré avant de taper à la porte de l’ATMF.

Siham, 30 ans, a elle aussi vécu ce chantage. Sa belle-mère et son mari l’ont mise au travail dans le café qu’ils tiennent pour servir les clients le matin, faire le ménage ou encore le jardinage, sans rémunération.

«Pour l’obtention d’un titre de séjour, une épouse dépend de son mari pour les formalités en vertu des accords qui unissent encore la France aux pays du Maghreb», précise Fouzia Hamhami, directrice de l’antenne d’Argenteuil de l’association, révoltée par ce «patriarcat d’un autre temps». Une situation qui conduit parfois ces femmes à tenter de se suicider, comme le cas de Céline, conclut le journal.

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