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Rapport de l’OICS : Le Maroc premier producteur de cannabis et premier en termes de saisie

Bien que la production de résine de cannabis en Afrique est «circonscrite au Maroc», le royaume arrive en tête des pays ayant effectué des saisis records en 2017, indique l’organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) dans un nouveau rapport. Quant aux trafics de stupéfiants, le Maroc n’est pas, non plus, épargné.

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Image d'illustration. / DR
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L’organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), relevant des Nations unies, a publié mardi son rapport annuel au titre de l’année 2018. Un document qui consacre une bonne partie au cannabis et à son trafic en Afrique. Dans cette analyse de la situation mondiale, le Maroc est cité dans plusieurs passages. Selon le document, la production de résine de cannabis en Afrique est «circonscrite au Maroc», alors que le trafic de résine continue de suivre un itinéraire qui passe par l’Afrique du Nord et l’Espagne pour rejoindre le reste de l’Europe.

«Le cannabis est le stupéfiant le plus largement saisi par les services de détection et de répression africains, comme l’ont indiqué les pays de la région. En 2017, c’est le Maroc qui a signalé en avoir saisi les plus grandes quantités», poursuit-il. Cette année, les autorités marocaines ont annoncé avoir saisi «plus de 117 tonnes de résine et 283 tonnes d’herbe». Le Maroc est suivi notamment par le Nigéria (environ 191 tonnes d’herbe), l’Algérie (plus de 52 tonnes, dont presque toutes de résine), la Zambie (plus de 17 tonnes d’herbe), Madagascar (plus de 10 tonnes d’herbe), le Kenya (8,6 tonnes d’herbe), le Cameroun (6 tonnes d’herbe), le Ghana (plus de 4,6 tonnes d’herbe) et la Côte d’Ivoire (plus de 3 tonnes d’herbe).

Si «l’herbe de cannabis est à la fois cultivée sur le territoire européen, principalement en intérieur, et introduite clandestinement depuis des pays tiers», la résine de cannabis, elle, fait «surtout l’objet d’un trafic depuis le Maroc, mais elle est de plus en plus produite en Europe même», lit-on plus loin.

Saisis records de cocaïne

Le rapport rappelle que «l’Espagne, principal point d’entrée de la résine produite au Maroc, en a encore saisi des quantités qui représentent l’essentiel de la résine saisie dans l’Union européenne en 2016».

Pour la cocaïne, le rapport rappelle qu’en février 2018, les autorités marocaines ont signalé une saisie exceptionnelle de 541 kg de cocaïne, découverts à l’intérieur d’un conteneur dans le port de Casablanca. En mai 2018, les garde-côtes algériens ont réalisé une saisie exceptionnelle de 701 kg de cocaïne dissimulés parmi de la viande bovine congelée, dans un porte-conteneurs dans le port d’Oran. «Une quantité [qui] contraste avec les 6,27 kg de cocaïne saisis par les autorités de ce pays en 2017».

Cette année-là, «c’est le Maroc qui a déclaré les plus grosses saisies de la région, avec 2,8 tonnes au total ; l’Angola a signalé 31 cas pour un total de 153 kg saisis ; le Kenya, 11,78 kg ; le Ghana, 8 kg ; le Cameroun, 5,2 kg ; et Madagascar, moins de 1 kg», poursuit le rapport.

En 2017, le Maroc a également annoncé des saisis d’héroïne. «Le trafic d’héroïne n’est pas aussi répandu dans la région que celui de certaines autres drogues», expliquent les rédacteurs du rapport, rappelant qu’en 2017, le royaume a signalé des saisies d’héroïne totalisant 11,47 kg, alors que le Kenya a signalé des saisies de 112,6 kg et le Nigéria de 85,4 kg. De son côté, les autorités algériennes ont signalé la saisie de 2,1 kg, celles de la Côte d’Ivoire d’environ 1,7 kg et celles de Madagascar d’un kilogramme d’héroïne.

Le Maroc n’est pas épargné par le trafic de psychotropes

Le Maroc, tout comme les autres pays d’Afrique, n’échappe pas au trafic de substances psychotropes. En 2017, «les autorités marocaines ont déclaré avoir saisi près de 550 000 comprimés de MDMA provenant d’Europe», poursuit le document. Ce dernier compare notamment avec le Nigéria, où «un peu plus de 782 kg de stimulants de type amphétamine avaient été saisis en 2017 et un laboratoire clandestin de fabrication avait été détecté», et l’Algérie. Le voisin de l’Est a annoncé l’interception de «1,2 million de comprimés de stimulants de type amphétamine, dont 246 000 comprimés de MDMA», en 2017.

Quant aux substances non placées sous contrôle international, l’OICS regrette que «le Maroc constate toujours la prolifération de tramadol dans le pays, où les autorités ont signalé avoir saisi près de 40 millions de comprimés en 2017». Ce médicament, un analgésique opioïde synthétique utilisé pour prévenir ou traiter la douleur modérée à sévère, est qualifié de «l’héroïne de monsieur tout le monde».

Pour rappel, l’OICS est composé de 13 membres dont son président Viroj Sumyai et le vice-président, le Marocain Jallal Toufiq, directeur du Centre national de prévention et de recherche en toxicomanie, de l’Observatoire national marocain des drogues et des toxicomanies et de l’hôpital psychiatrique universitaire Ar-razi, et professeur de psychiatrie à la faculté de médecine de Rabat.

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