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Loi-cadre de l'Enseignement : Après l’Istiqlal, le PJD revoit lui aussi sa position

Alors qu’il défendait jusqu’à présent l’usage de la langue arabe dans l’enseignement des matières scientifiques, le PJD dit être «inscrit dans la logique du consensus» au Parlement pour faire sortir le projet de loi-cadre de l’enseignement. Le parti d’El Othmani rejoint ainsi l’Istiqlal qui, lui aussi, a fini par changer de position.

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Image d'illustration. / DR
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Il aura fallu plusieurs semaines pour que les partis politiques opposés à l’usage d’une langue autre que l’arabe dans l’enseignement des matières scientifiques et techniques revoient leurs positions.

Après le mea culpa de l’Istiqlal, ayant appelé mercredi à une «lecture éclairée» du projet de loi-cadre n°51-17 alors qu’il était l’un des fervents défenseur de l’usage de l’arabe dans l’enseignement des matières scientifiques et techniques, le PJD lui emboîte le pas. Samedi, à l’issue d’une réunion du secrétariat général du parti de la Lampe, le vice-secrétaire général du parti est revenu, dans une déclaration accordée au site PJD.ma, sur cette question.

«Le secrétariat général du Parti de la justice et du développement réaffirme à nouveau que le parti reste inscrit dans la logique du consensus au sein de la Chambre des représentants, à côté de tous les groupes afin de faire sortir le projet de loi-cadre relative à l’éducation, l’enseignement, la formation et la recherche scientifique», a déclaré Slimane El Amrani.

Dimanche, invité de l’émission «Confidences de presse» sur la chaîne 2M, Lahcen Daoudi a tenté de sauver les meubles. «Le PJD n’a pas refusé d’enseigner les matières scientifiques dans une langue étrangère» a-t-il déclaré en réponse aux questions des journalistes. «Le texte énonçait que certaines matières, dont celles scientifiques, seront enseignées par des langues étrangères. Le PJD a dit oui pour l’enseignement des matières scientifiques dans une langue étrangère, mais les autres disciplines doivent être enseignées en langue arabe», a-t-il déclaré.

L’Istiqlal dénonce l’instrumentalisation de cette question

L’occasion également d’affirmer qu’à la Chambre des représentants, «il n’y a plus de problème». «Encore faut-il une session extraordinaire pour faire passer ce texte», ajoute-t-il.

Mais en réalité, ce que le PJD ne reconnaît pas, c’est qu’il a été isolé au sein de sa propre majorité. Face à son refus d’enseigner les matières scientifiques par des langues étrangères, le RNI, l’UC, le MP et l’USFP se sont attachés à un enseignement de la totalité des matières scientifiques et techniques en langues étrangères, rejoignant ainsi une proposition du PAM.

Mercredi, même l’Istiqlal, l’autre parti défendant farouchement la langue arabe, a pris ses distances avec le PJD. Dans le communiqué publié à l’issue de la réunion de son comité exécutif, le parti de Nizar Baraka a estimé que le débat autour de cette question a été «vidé de son sens par certaines parties», en le transformant en «une tribune destinée à promouvoir un discours populiste à dessein de réaliser des intérêts électoralistes étriqués».

Le parti a ainsi appelé à la «modération» et à la «raison», invitant les autres groupes parlementaires à «un consensus» compte tenu de la dimension sociétale et de la grande importance de cette loi-cadre.

Pour rappel, l’enseignant-chercheur, politologue, écrivain et ancien porte-parole du Palais, Hassan Aourid a estimé jeudi, dans une interview accordée à Yabiladi, que cette question «doit être abordée loin de tout prisme idéologique». Pour lui, «le fait de choisir ou d’opter pour l’enseignement des langues étrangères et particulièrement le français s’impose».

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