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L’Istiqlal a-t-il révisé son opposition à l’usage du français dans l’enseignement ?

Surprise. L’Istiqlal prône désormais une «lecture éclairée» du projet de loi-cadre sur l’enseignement. Les proches de Nizar Baraka semblent mettre en sourdine leur opposition à la langue française et plaident pour un «consensus» entre les groupes parlementaires. Un revirement qui isolerait le PJD.

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Photo d'illustration. / DR
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L’Istiqlal a-t-il révisé son opposition au projet de loi-cadre sur l’enseignement ? Dans le communiqué publié à l’issue de la réunion de son comité exécutif, mercredi 27 février, le PI semble prendre ses distances avec le PJD sur la question qui bloque l’adoption du texte : l’usage du français dans l’enseignement des matières scientifiques.

Le débat autour de cette question a été vidé de son sens «par certaines parties» en le transformant en «une tribune destinée à promouvoir un discours populiste à dessein de réaliser des intérêts électoralistes étriqués», estime l’instance de la Balance.

Mieux, les partisans de Nizar Baraka se font l’avocat de la «modération» et de la «raison», appelant les autres groupes parlementaires à la «nécessité de parvenir à un consensus eu égard de sa (le projet, ndlr) dimension sociétale et de sa grande importance pour l’avenir du pays et celui des générations futures».

L’Istiqlal prône une «lecture éclairée»

Le comité exécutif de l’Istiqlal invite à une «lecture éclairée» du projet de loi-cadre n°51-17 «qui prenne en compte les référentiels et les fondements nationaux, et l’ouverture sur l’esprit de l’époque et l’adhésion à la société de la connaissance». Un appel destiné particulièrement au groupe des députés du PJD, résolument opposé à l’usage de la langue française dans les écoles marocaines.

Force est de constater que le communiqué de la Balance n’a accordé la moindre mention à la langue arabe. Ce revirement serait-il la conséquence du déluge de critiques exprimées par de nombreux Marocains sur les réseaux sociaux ? Il est ainsi reproché au parti de réserver uniquement l’arabe pour les enfants du peuple. 

L’entrée en jeu du RNI sur cette question est aussi un élément à prendre en considération dans cette volte-face des Istiqlaliens. Le 23 février, depuis Dakhla, le bureau politique de la Colombe avait en effet défendu l’enseignement des matières scientifiques avec les «langues vivantes». «C’est une garantie de la qualité d’enseignement» et un pas en direction de la «concrétisation de l’égalité entre les catégories du peuple marocain», estiment les amis d’Aziz Akhannouch.

Ce rétropédalage du PI devrait isoler le PJD au sein de la Commission de l’enseignement dans la Chambre des représentants. Il pourrait ouvrir la voie à l’adoption du projet de loi-cadre relatif au système de l’éducation, de la formation professionnelle et de la recherche scientifique.

Cette semaine, et faute de compromis entre les groupes parlementaires, l’approbation du texte en commission a été reportée à une date ultérieure.

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