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Maroc : Quatre journalistes et un parlementaire de la CDT menacés d’emprisonnement

Après les procès des militants du Hirak du Rif et de Taoufik Bouachrine, quatre journalistes marocain et un parlementaire de la CDT risquent la prison pour divulgation d'informations sur le travail d'une commission d'enquête sur les retraites.

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Une manifestation devant le tribunal de Rabat en solidarité avec les quatre journalistes poursuivis. / Ph. AFP

Quatre journalistes et un parlementaire de la Confédération démocratique du travail (CDT) sont menacés d’emprisonnement. Mercredi 27 février, le représentant du ministère public a requis quatre ans de prison pour Mohamed Ahaddad (Al Massae), Abdelhak Belachgar (Akhbar Al Yaoum), Kaoutar Zaki et Abdelilah Sakhir (Aljarida24) et 10 ans pour le conseiller parlementaire Abdelhak Hissane.

Ils sont poursuivis pour avoir publié des informations du passage, en décembre 2016, de l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane devant une commission d’enquête de la Chambre haute sur les déficits des caisses de retraites. Ce procès devrait connaitre son épilogue, du moins en première instance, le 6 mars avec l’annonce du verdict.

Ce qui laisse du temps à la CDT de monter au créneau, dénonçant dans un communiqué publié au terme de la réunion du 28 février de son bureau exécutif un «procès politique» et une «piètre manœuvre de détourner l’attention des revendications juste et légitimes soulevées par la Confédération démocratique du travail.» L’instance a également appelé ses membres à la «mobilisation générale» pour assister à l’audience du 6 mars.

Un procès de plus

Depuis le début de cette affaire, suite à une plainte déposée conjointement par le président de la Chambre des conseillers, Hakim Benchemmas et le président de la Commission d’enquête, Aziz Benazzouz (tous deux du PAM), le parlementaire de la CDT a toujours clamé son innocence niant en bloc toutes les accusations portées à son encontre.  

«Pour la première fois, des journalistes comparaissent pour avoir publié des informations correctes, d’autant que nous sommes poursuivis sur la base du code pénal (qui comprend des peines de prison), et non de la loi relative à la presse et à l’édition», avait confié le journaliste Mohamed Ahaddad à l'agence espagnole EFE en janvier 2019.

Cette affaire tombe au mauvais moment pour le gouvernement El Othmani alors qu’il est la cible de nombreuses critiques exprimées par des ONG nationale et internationales des droits de l’Homme ainsi que par les Nations unies portant essentiellement sur les procès des activistes rifains du Hirak et de l’ancien directeur de publication d’Akhbar Al Yaoum Taoufik Bouachrine. Celui d’Abdelhak Hissane et des quatre journalistes s’ajoutera-t-il à la liste ?

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