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Politique Publié

Défaite de Daesh : Le Maroc ne partage pas l’optimisme de Donald Trump

Sans partager l’optimisme exprimé le 19 décembre par le président sur la «défaite de Daesh», le Maroc a précisé, hier à Washington, qu’il est encore tôt pour crier victoire. Le royaume a mis en garde contre la force de frappe de l’«Etat islamique», notamment en Afrique.

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Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, le 6 février 2018 à Washington. / Ph. MAECI

Pour le Maroc, «la menace de Daesh et de ses ramifications demeurent de mise dans la région et dans le monde». Une position exprimée par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, à l’occasion de la réunion de la Coalition contre l’organisation «Etat islamique» qui s’est déroulée hier à Washington.

«Malgré son affaiblissement considérable, aucun groupe n’a abandonné son allégeance à Daesh et deux nouvelles branches ont été créées en 2018», a expliqué le chef de la diplomatie marocaine. A cela s’ajoute «la résilience de ses combattants et sympathisants estimés à environ 20 000 dans les zones de conflit».

Le ministre a tenu à apporter un autre son de cloche différent de celui annonçant la défaite totale de cette organisation terroriste. «Nous ne devons laisser aux militants et aux sympathisants de Daesh le temps, l’espace et les ressources nécessaires pour maintenir leur idéologie odieuse et éventuellement planifier la résurgence du soi-disant "califat"», a mis en garde le ministre.

Le 19 décembre, le président Donald Trump annonçait dans un tweet la défaite de Daech en Syrie, évoquant sa «seule raison d'être là-bas durant la présidence Trump».

Le Maroc plaide la cause de l’Afrique

A la réunion de Washington, le royaume s’est fait, par ailleurs, l’avocat de l’Afrique. «Nous devons rester extrêmement vigilants et attentifs à la dynamique en évolution de Daesh et à ses ambitions mondiales, en particulier en Afrique», a plaidé Nasser Bourita.

«C’est notre responsabilité de les (pays africains) aider à mettre au point des solutions durables aux causes profondes du terrorisme et de l’extrémisme violent (…) Nos priorités devraient être de contribuer aux efforts de stabilité et de règlement des conflits» dans le continent, a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie n’a pas omis de faire la promotion de l’approche du Maroc dans la «lutte contre la radicalisation, comprenant une série de mesures qui ont prouvé leur pertinence». Et de rappeler le rôle joué en ce sens par l’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, morchidines et morchidates «pour diffuser les valeurs authentiques de l’islam modéré et lutter contre la propagation d’idéologies radicales» sur le continent.

Bien entendu, le ministre des Affaires étrangères est resté discret sur les autres contributions, renseignements et sécuritaires, du Maroc en Afrique qui s’inscrivent dans le même cadre, notamment au Sahel. Une région où Daesh est fortement présente sur le terrain grâce à des groupes ayant prêté allégeance à El Baghdadi.

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