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Société Publié

Maroc : Victime d’une agression, une journaliste ivoirienne interpelle l’opinion publique

Installée au Maroc depuis quatre ans, Sylvie Obité, qui a récemment été victime d’une agression, a souhaité interpeller l’opinion publique sur ce qu’elle considère comme des attaques ciblées.

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La journaliste ivoirienne Sylvie Obité est installée au Maroc depuis quatre ans. / Ph. Yabiladi

Le site ivoirien Fratmat rapporte, ce lundi, l’agression brutale d’une journaliste ivoirienne installée au Maroc. Sylvie Obité, présentatrice au sein de la radio «Kulture Mosaik», installée au Centre culturel africain du Maroc, affirme ne plus être «en sécurité au Maroc», depuis l’agression dont elle dit avoir été victime, le 24 janvier dernier à Rabat.

Contactée par Yabiladi, la journaliste, qui vit depuis quatre ans au Maroc, revient sur cet événement, survenu deux semaines seulement après son déménagement à Rabat. «Ce jour-là, vers 15 heures, alors que je venais de finir mon émission, je suis allée au quartier Takaddoum pour faire mes courses. Alors que j’étais devant un étalage, j’ai reçu un coup sur la tête et je suis immédiatement tombée dans de la boue. L’homme ne s’est pas arrêté et m’a ruée de coups pendant que j’étais à terre», nous dit-elle.

Alors que Sylvie tente de se protéger le visage, «[elle lève sa] main et [reçoit] un coup violent», ajoute-t-elle. «Il a ensuite commencé à tirer mon sac, dans lequel j’avais un peu d’argent, mes lunettes et quelques papiers. Dans un premier temp j’ai lutté, mais j’avais tellement mal que j’ai fini par lâcher et il est parti avec le sac», poursuit-elle.

La journaliste Sylvie Obité a été agressé au quartier Takaddoum à Rabat./Ph.YabiladiLa journaliste Sylvie Obité a été agressé au quartier Takaddoum à Rabat./Ph.Yabiladi

Des attaques «ciblées»

En réalité, son agresseur «voulait juste [son] sac… Il n’a absolument rien dit, il m’a juste attaquée car c’était le sac qui l’intéressait et son but était de m’affaiblir», affirme-t-elle. Cependant, la journaliste dit être particulièrement indignée de l’indifférence des témoins de la scène. Selon elle, aucun n’aurait tenté de la défendre.

«Ce qui m’a indigné, c’est que tous les autres étaient là à regarder la scène, sans même intervenir, que ce soit les commerçants ou les passants. Personne n’est venu à mon secours, personne.»

Sylvie Obité, journaliste ivoirienne installée au Maroc

Notre interlocutrice, qui s’en est sortie avec une fracture à la main et un mois d’invalidité, tente d’interpeller l’opinion publique sur un phénomène qui ne serait pas isolé. «Je veux à mon niveau interpeller l’opinion pour que ce phénomène cesse étant donné qu’il est vraiment récurrent», souligne-t-elle.

D’après Sylvie Obité, une demi-douzaine de ses amies, également Subsahariennes, auraient été victimes de tels agissement et sous le même procédé. Les agresseurs, eux, «sont généralement des jeunes sous l’effet de stupéfiants et à bord de motos». Cette violence serait «ciblée» selon la jeune femme, qui évoque «une sorte de racisme, dont la cible sont les hommes et femmes subsahariens».

Le même constat a été observé par Hermann Kenfack, directeur de la communication et du patrimoine du Centre culturel africain du Maroc (CCAM), qui affirme que le phénomène devient assez récurrent. «J’ai dénombré quatre cas d’agression durant les cinq derniers jours et dans le même quartier. Les profils des victimes sont les mêmes : de jeunes femmes subsahariennes qui sortent seules pour faire leurs courses ou sortent de l’église», explique-t-il, soutenant «qu’elles sont plusieurs et qu’il ne s’agit donc pas d’un phénomène isolé».

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