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Sport Publié

Le Grand stade de Tétouan au cœur d'une polémique entre l'Espagne et le Maroc

Trois ans après le lancement du chantier du Grand Stade de Tétouan, une polémique vient de naître entre le Maroc et l’Espagne. Ainsi, un architecte espagnol dénonce l’usurpation de son projet par son collègue marocain qui dénonce, de son côté, une «campagne diffamatoire» à son égard.

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Inauguration du chantier du Grand stade de Tétouan, en présence du roi Mohammed VI et de l'architecte marocain Nawfal Bakhat (g). / Ph. DR

Un célèbre architecte espagnol dénonce le plagiat et l’usurpation de son projet pour le Grand stade de Tétouan, révèle ce mercredi le site espagnol El Confidencial.

L’architecte en question est Carlos Lamela, connu entre autres pour avoir repensé le stade du Real Madrid, Santiago Bernabéu, et d’autres projets faramineux en Espagne ainsi qu’aux quatre coins du globe, qui lui ont par ailleurs valu de nombreuses distinctions.

Mais voilà que l’architecte, après un long silence, dénonce aujourd’hui un plagiat qui remonterait à 2014. Carlos Lamela dit s’être associé cette année-là à l’architecte marocain Nawfal Bakhat pour que tous deux participent à un appel d’offre de 700 millions de dirhams pour la construction du nouveau stade de Tétouan, précise la même source.

Alors qu’un accord aurait été signé entre les deux parties, l’architecte espagnol aurait découvert une année plus tard que seul le nom de son confrère marocain apparaissait lors de l'inauguration du projet. Après quelques correspondances, ses doutes se seraient confirmés lorsqu’il a aperçu Nawfal Bakhat se tenant aux côtés du roi Mohammed VI lors de l’inauguration du chantier, raconte-t-il. 

Carlos Lamela dénonce ainsi le plagiat d’un projet dont il détenait 50% sur le contrat, et pour lequel il dit n’avoir jamais perçu un seul dirham, alors que les factures présentées à son ex-associé s’élèvent à 230 000 euros, poursuit-il. L’architecte espagnol déplore que son ex-associé ait usurpé son projet et ce «devant les administrations publiques marocaines et le Cabinet royal».

Carlos Lamela pourrait porter cette question jusqu’à la Fédération internationale de football association (FIFA), précise la même source. Il est à noter qu’un comité exécutif de la fédération se rendra, mi-janvier à Marrakech, pour notamment évaluer la candidature Maroc-Espagne-Portugal pour le Mondial 2030.

L’architecte marocain dénonce une campagne diffamatoire

Contacté par nos soins, l’architecte marocain Nawfal Bakhat «dément catégorique ces allégations» et informe que «ses avocats vont agir par toute voie de droit contre les propos diffamatoires parues dans El Confidencial».

Il explique que «l’attribution du projet du Grand Stade de Tétouan a été faite suite à l’organisation d’un concours national d’architecture, dont le règlement –fait public depuis l’annonce de son organisation- stipule clairement que seuls les architectes inscrits au tableau de l’ordre national des architectes du Maroc peuvent participer au concours et le signer en tant qu’auteurs du projet».

Dans ce sens, «l’architecte espagnol Carlos Lamela, ainsi que tout autre architecte non inscrit à l’ordre national marocain, ne pourrait en aucun moment participer audit concours et prétendre à une quelconque propriété intellectuelle sur le projet présenté et retenu», poursuit-il.

«Le projet retenu pour le Grand Stade de Tétouan a été présenté exclusivement par mes soins conformément au règlement du concours.»

L’architecte marocain Nawfal Bakhat

Mais notre interlocuteur confie qu’un protocole d’accord de collaboration technique «a été signé avec Estudio Lamela». «Cette collaboration n’a pas été exécutée et menée à son terme suite à des différends techniques entre les deux parties», ajoute-t-il.  

Pour lui, le cabinet espagnol «prétend passer outre les lois et règlements en vigueur au Maroc d’un côté, et les conditions de résolution de litiges prévues par le protocole d’accord signé par les deux parties». Ce cabinet «réclame des droits sans fondement juridique sous le seul prétexte d’être un cabinet étranger et en brandissant la menace d’une campagne médiatique diffamatoire à mon encontre», conclut-il.

Article modifié le 2019.01.02 à 13h43

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