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Archive Environnement Publié

Nomad #93 : Les roses de Kelaat M'gouna, une invitation au voyage olfactif

Quand on évoque Kelaat M’gouna on pense directement aux roses. D’ailleurs «quand on est au milieu des roses, on en prend malgré soi le parfum». Immersion.

Temps de lecture: 2'
Photo d'illustration./Ph.DR

Pour cet épisode de Nomad, cap sur une des régions les plus florissantes du Maroc : Kelaat M’gouna ou Tighremt N'Imgounen en amazigh, dans la province de Tinghir. Si vous prenez la route depuis Marrakech, vous passerez par la ville de Ouarzazate, qui est à une heure et demie de Kelaat M’gouna. Si vous prenez la route depuis Fès ou Meknès, il faudra compter un peu plus de huit heures de route, lors desquelles vous devrez traverser la ville d’Errachidia puis Tinghir pour atteindre la vallée de Dades.

Sur place, les impressionnantes collines sont parsemées d’un vert éclatant, qui vous fera oublier la fatigue du trajet. La meilleure période reste sans doute les mois d’avril et mai lorsque les roses deviennent reines dans la région et s’accaparent toutes les terres.

Un spectacle éphémère à couper le souffle

Outre la rose, élément indissociable à la région, il faut savoir que cette dernière est labellisée «Global Geopark», par l’UNESCO. Un label que seule cette région au Maroc détient et ce depuis 2014. C’est notamment grâce à son patrimoine naturel, géologique, culturel et architectural, le tout couplé à une véritable stratégie de développement, basée sur le tourisme durable.

Durant votre séjour, nombreuses sont les activités indispensables à faire. Néanmoins, il y a un événement incontournable : le «Moussem» ou fête des roses, qui a lieu chaque année durant la première quinzaine du mois de mai. Cette période coïncide avec la floraison des roses, qui ne couvrent les terres que durant un mois, nous explique Lahcen, guide touristique dans la région.

Photo d'illustration./Ph.DRPhoto d'illustration. / DR

Il est à noter que ces roses sont sauvages et qu’on ne les retrouve au Maroc qu’à Kelaat M’gouna. En effet, Lahcen nous explique qu’«avant il y avait aussi des roses dans la vallée de Dades», vallée voisine à Kelaat M’gouna, qu’on appelle la vallée des roses. La déperdition de cette culture est due à «la baisse des prix de la rose, poussant les habitants à se tourner vers la culture de l’olivier et de l’amandier, qui ne permettent pas aux roses de fleurir correctement», poursuit-il.

La rose est sacrée à Kelaat M’gouna, des lycées aux boulevards de la ville tous portent son nom, les habitants quant à eux la portent dans leur cœur. D’ailleurs depuis les années 1960, la région accueille la fête des roses, qui serait selon notre guide le deuxième festival qui a pour thème central un produit du terroir au Maroc, après le festival des cerises à Sefrou.

Le «Moussem» des roses a sa Miss

Cependant, il n’y a pas de date fixe pour ce Moussem qui regroupe chaque année plus de 10 000 personnes, regrette notre guide touristique. Le Moussem dure quatre jours au mois de mai, de jeudi jusqu’au dimanche. On y organise une grande foire, où des coopératives de la région mais aussi des quatre coins du Maroc exposent et vendent leurs produits du terroir. C’est une activité non seulement commerciale, mais aussi culturelle, car nombreux sont les concerts de danse et de chants qui sont organisés durant cette fête.

L'élection de Miss roses durant le Moussem des roses./Ph.DRL'élection de Miss rose durant le Moussem des roses. / DR

Durant le Moussem on procède également à l’élection de Miss rose qui est, elle aussi, une veille tradition à Kelaat M’gouna. «Toute fille peut se présenter au concours, qu’elle soit de la région ou pas. On lui fait porter le costume traditionnel local, à savoir les babouches colorées ainsi qu’un foulard sur la tête de couleur jaune et rouge, typique de la région», nous explique Lahcen. La Miss qui est couronnée de fleurs, reçoit également une somme d’argent. Ainsi, chaque année, la récolte des roses est symbolisée par la beauté de la jeunne Miss rose. 

Gravir le mont M’Goun

Dans un tout autre registre, les amateurs de sensations fortes seront ravis de tenter l’ascension du troisième plus haut sommet du Maroc. Il s’agit du jbel M’Goun, qui culmine à 4 071 mètres d’altitude. Deux itinéraires sont possibles. Du versant nord, le trajet est plus court il faut compter deux journées complètes, nous explique Lahcen. Si vous prenez la route depuis Kelaat M’gouna il faudra compter trois ou quatre jours pour atteindre le sommet. Pour le bivouac, plusieurs guides dont sur place pour vous accompagner dans cette aventure et vous indiquer les meilleurs spots pour le bivouac.

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