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Politique Publié

Dialogues Atlantiques : Karim El Aynaoui et les défis du Policy Center for the New South

Rencontré en marge de la 7e édition des Atlantic Dialogues du Policy Center for the New South (PCNS), organisés à Marrakech du 13 au 15 décembre, Karim El Aynaoui, directeur général de ce think tank marocain, revient avec Yabiladi sur les particularités de cette nouvelle édition. Il évoque notamment le changement d’appellation tout en dressant les nouveaux défis du PCNS.

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Karim El Aynaoui, directeur général du Policy Center for the New South. / Ph. DR

Le Policy Center for the New South en est à la 7e édition de ses Atlantic Dialogues. Quelle est la particularité de celle-ci ?

C’est effectivement la 7e édition. Cela signifie que nous avons passé un cap en termes de développement d’une communauté de l’Atlantic. Lors de cette édition, 70 pays sont représentés par des personnes de haut niveau. Il y a aussi de jeunes leaders que nous invitons chaque année et qui constituent une communauté.

De plus, ces Atlantic Dialogues ont émergé comme un endroit où le Nord rencontre le Sud. Il n’y pas beaucoup de forum de cette nature, que ce soit en Europe et dans les autres pays avancés, ou même sur le continent africain.

Je crois que cela ne peut que réussir au fil du temps. Au début, les Atlantic Dialogues étaient paradoxalement et assez largement dominés par la relation traditionnelle Etats-Unis – Europe. Mais au fil du temps, nous avons pu ajuster les choses en accordant une plus grande place aux pays principalement d’Amérique latine et du Sud et d’Afrique, tout en restant dans l’équilibre et le dialogue. C’est un acquis intéressant de cette conférence, en plus du caractère sérieux et engagé des discussions, à la fois lors des plénières mais aussi de façon informelle.

Avant cette 7e édition, vous aviez annoncé un changement d’appellation. Qu’est-ce qui change concrètement ? Peut-on parler d’un réajustement des ambitions du PCNS ?

Dans la logique de ce que je viens de décrire, de ce Sud nouveau et décomplexé qui essaie de voir le monde de son point de vue, à la fois pour son avenir mais aussi pour les grandes questions qui nous affectent tous, il s’est avéré qu’après quatre ans de pratiques du Policy Center, nous incarnions bien ces valeurs, autant dans notre recherche que dans nos activités. C’est pour cela que nous avons décidé de supprimer la partie «OCP» de notre appellation. D’ailleurs, nous n’étions pas très «OCP», compte tenu de ce que nous faisions, à part l’ambition de l’office qui portait ce projet. Mais dans les faits, nous étions plus «nouveau Sud». Nous avons donc décidé de nous renommer «Policy Center for the New South».

La nouveauté, c’est que tous cela a été séparément implanté dans une fondation. C’est une sorte de gouvernance rénovée, avec de nouveaux locaux et un rapprochement du monde académique, notamment l’Université Polytechnique Mohammed VI et d’autres universités. Tout cela dans l’objectif de renforcer la partie «think tank».

Pensez-vous que les pouvoirs publics sont aujourd’hui conscients des rôles que peuvent jouer les think tank dans la diplomatie ?

Je suis certain que nos décideurs connaissent bien ce rôle et en sont conscients. Il faut aussi rappeler que tout cela est un peu nouveau pour le Maroc ; il faut bien le reconnaître. Ces institutions sont très américaines et pas très développées en Europe. Même dans les grands pays européens, vous trouverez trois ou quatre think tank de détail critique et qui répondent aux critères des think tank.

Les décideurs commencent à s’habituer à notre présence et à celle des autres au Maroc. En Afrique également, il y a une tradition un peu plus forte dans les pays anglophones que francophones, mais ce concept est en train d’émerger.

Selon vous, quels sont les défis actuels du PCNS ?

Un think tank ne vaut en réalité que par son expertise et ses experts. Parmi les défis, il faut citer le maintient de la qualité de ce que nous faisons et de nos travaux, qui nous ont valu d’être appréciés, respectés et crédibles vis-à-vis de nos partenaires. C’est même fondamental.

L’autre défi est de continuer à progresser, à innover en permanence et à former des jeunes, dans la mesure où on se veut aussi une pépinière de jeunes, que nous formons en les associant avec des associés et des fellows qui sont plus séniors, pour les coacher et les développer. C’est l’un de nos défis centraux.

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