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Société   Publié

Emission spéciale MRE : Rendre le sourire aux chibanis

L’émission spéciale MRE, présentée par Mohamed Ezzouak, est le fruit d’un partenariat entre Radio 2M et Yabiladi.com.

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Appuyé par des députés franco-marocains, un amendement rendant enfin justice aux chibanis a été adopté / Ph. DR.

Cheveux grisonnants, les sillons du visage creusés par le temps, les mains marquées par les décennies de dur labeur, les chibanis ont payé de leur santé la reconstruction de la France après la Seconde Guerre mondiale, tout en soutenant leur pays d’origine via les transferts d’argent.

Les forçats des Trente Glorieuses ont vu les années s’égrainer. Les plus chanceux les ont passées avec leur famille à leur côté à la faveur du regroupement familial. De nombreux autres n’avaient pour seule famille que leurs voisins du foyer Sonacotra (rebaptisé foyer Adoma). La famille restée au pays ne revoyait le père émigré que quelques mois dans l’année. Un père par intermittence qui n’a jamais pu concevoir la gravité de son absence du pays, ni profiter de sa présence en France.

Aujourd’hui, le chibani, ce Maghrébin aux cheveux gris, est à la retraite. Une maigre pension qui le met dans un dilemme : Rester en France et vivre chichement, ou profiter de ses vieux jours en rentrant au pays où la vie est moins chère ? Bénéficier de la couverture maladie et du système de santé en France ou tenter de rattraper les années perdues auprès des siens dans sa terre natale ?

«Choisir, c’est renoncer», affirmait André Gide. Mais pourquoi devoir choisir et renoncer à ce qui revient de droit ? Leurs camarades ouvriers de nationalité française n’ont jamais eu à renoncer à leur assurance maladie s’ils partaient vivre quelques mois loin de l’Hexagone. Tous ayant cotisé de la même manière, les chibanis non français devraient bénéficier des mêmes droits. Quelques associations, une poignée de femmes et d’hommes politiques ont récemment corrigé cette injustice.

Invités de l’émission

Salem Fkire : Président de l’Association Cap Sud MRE, créée en mai 2010 à Agadir. L’organisation veut constituer une passerelle entre les MRE et leur pays d’origine. Elle est aussi une association de référence entre les MRE et les institutions marocaines. A l’origine, elle est le fruit d’une initiative lancée par un groupe de chefs d’entreprises MRE, ayant voulu investir au Maroc et participer à une dynamique économique entre des deux rives.

Mahjoub Kerkis : Ouvrier retraité de l’usine Renault en France, Mahjoub Kerkis veut vivre sa retraite au Maroc, mais il est dans la contrainte de rester en France pour ne pas perdre ses droits sociaux. En effet, bien que la pension de retraite soit exportable, la couverture de la sécurité sociale est soumise à une obligation de résidence, ce qui, de facto, empêche les retraités marocains désireux de rentrer au pays de revenir définitivement. 183 jours dépassés hors du territoire français suffisent pour que leurs droits soient suspendus (conformément à l’article de loi du code de la sécurité sociale L-311-7).

Souad Oggad : Présidente de l’association Amisey qu’elle a fondée il y a 18 ans, Souad Oggad travaille également sur le dossier des chibanis depuis plus de trente ans. Dans le cadre de son association, elle mène des actions de médiation individuelle pour l’accueil, l’écoute, l’information, l’orientation et l’accompagnement des femmes ayant perdu leurs époux issus d’autres pays, dans les différentes démarches administratives. Elle mène également des actions pour la familiarisation des jeunes issus de pays étrangers avec l’école, à travers un projet qui initie enfants et familles au système éducatif français. Avec un réseau d’employeurs, elle œuvre également pour l’insertion professionnelle de ces ressortissants.

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Emission spécial MRE
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