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Société Publié

GFMD 2018 : Le Maroc et le Pacte mondial pour des migration sûres, ordonnées et régulières

Le Maroc a exposé ce vendredi sa politique migratoire lors d’un événement parallèle au Forum mondial pour la migration et le développement. Une réflexion sur la mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a notamment été initiée.

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L’atelier parallèle organisé ce vendredi pour la présentation de la politique nationale marocaine d’immigration et d’asile. / Ph. Mehdi Moussahim – Yabiladi

Bien avant la signature, ce lundi à Marrakech, du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, le Maroc a d’ores et déjà initié la réflexion sur la manière dont va se traduire l’application de ce pacte mondial au Maroc. C’est ce qu’a déclaré ce vendredi El Habib Nadir, co-président de la 11ème édition du Forum mondial pour la migration et le développement.

Intervenant lors d’une table ronde sur «Les politiques migratoires du Maroc et le Pacte mondial pour des migration sûres, ordonnées et régulières», le secrétaire général du ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration (MCMREAM), a affirmé que «le pacte n’est pas une fin en soi». «Nous sommes tous appelés à se l’approprier et à le traduire en actions concrètes. C’est ce que nous avons essayé de faire avant même son adoption», a-t-il précisé.

«Nous avons essayé de confronter ce que nous sommes en train de faire au Maroc avec les 23 objectifs du Pacte mondial. C’est le début du processus pour la mise en place d’un plan national de mise en œuvre de ce document.»

El Habib Nadir, co-président du GFMD

Des «réalisations phares» exposées

De con côté, Ahmed Skim, directeur des affaires de la migration au MCMREAM, a rappelé les principales avancées de la politique nationale de l’immigration et de l’asile. Une politique ayant pour objectif d’«assurer une meilleure intégration, une meilleure gestion des flux migratoires dans le cadre d’une politique cohérente, globale, humaniste et responsable». 

Elle se décline, selon lui, en quatre objectifs stratégiques : «faciliter l’intégration des immigrés réguliers», «mettre à niveau le cadre réglementaire», «mettre en place un cadre institutionnel adapté» et «gérer les flux migratoires dans le respect des droits de l’homme». Des objectifs déclinés en 11 programmes d’actions, a-t-il poursuivi, rappelant le dispositif de gouvernance et ses trois instances : le comité interministériel de la migration, le comité de pilotage et le comité des programmes.

Rappelant le contexte international, régional et national relatif à la migration, dont l’«agenda africain sur la migration», Ahmed Skim a rappelé certaines réalisations phares de la politique migratoire du Maroc, dont les deux phases de régularisation des migrants, la reconnaissance du statut de réfugiés à quelque 1 100 demandeurs d’asile et l’ouverture de l’accès des enfants de migrants aux écoles publiques. L’occasion de citer les 1 545 enfants migrants inscrits dans le primaire, «pratiquement 3 000 au collège et plus de 1 000 au niveau du cycle qualifiant».

Des actions lancées pour la mise en œuvre du Pacte mondial sur la migration

Quant au pacte mondial, Ahmed Skim souligne que «la plupart des politiques marocaines en matière de migration s’appuient sur le droit international», ajoutant que «le Maroc a déjà entrepris des actions qui entrent dans les objectifs du pacte, dont l’encouragement du savoir et de la recherche sur la migration, le renforcement des capacités ou encore la collaboration avec les pays et les groupes régionaux».

«Par exemple, pour l’objectif 1 du Pacte, le Maroc va accélérer la mise en place d’un observatoire national de la migration, ainsi que l’observatoire africain pour la migration. Il y aussi d’autres actions prévues par rapport aux objectifs du document.»

Ahmed Skim

Sur l’éventualité d’une troisième phase de régularisation de migrants, Ahmed Skim confie à Yabiladi qu’il s’agit d’une décision politique qui doit être prise au plus haut niveau de l’Etat. Il cite également quelques chiffres : 28 400 demandeurs, plus de 20 000 demandes pour lesquelles un avis favorable a été donné et 6 000 cartes d’immatriculation émises. «La commission nationale de recours, présidée par le CNDH, est en train d’examiner d’autres cas», ajoute-t-il.

Il rappelle aussi que «dans le cadre de la mise en œuvre du cadre réglementaire et législatif qui régit la migration et l’asile, il y a eu l’adoption de plusieurs lois, dont celles sur la lutte contre la traite humaine». «Il y a un projet de loi sur la migration qui reprend les bonnes bases de la loi 0203 sur l’entrée et le séjour au Maroc, et qui prend en considération cet aspect humain et solidaire de la nouvelle politique d’immigration et d’asile du Maroc», conclut-il.

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