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Société Publié

GFMD 2018 : Le patronat expose sa formule pour tirer parti du potentiel des migrants

Plusieurs tables rondes sont organisées ce jeudi dans le cadre des travaux de la 11e édition du Forum mondial sur la migration et le développement (GFMD). Un partage d’expériences entre différents panélistes, dont le patronat marocain qui a exposé les mesures qu’il compte entreprendre pour tirer parti du potentiel des migrants résidant au Maroc.

Temps de lecture: 3'
Les différentes panélistes de la table ronde «tirer parti du potentiel que représentent les migrants, en vue de renforcer la résilience». / Ph. Mehdi Moussahim - Yabiladi

Les travaux du Forum mondial sur la migration et le développement (Global Forum on Migration and Development, GFMD) se sont poursuivis ce jeudi à Marrakech. Au menu de cette deuxième journée, plusieurs tables rondes réunissant des responsables gouvernementaux, des représentants du secteur privé et de la société civile autour de thématiques en rapport avec le thème général de cette 11e édition du GFMD. Celle-ci, co-présidée par le Maroc et l’Allemagne, se tient sous le thème «Honorer les engagements internationaux pour libérer le potentiel de tous les migrants pour le développement».

Lors d’une table ronde coorganisée par le Canada et les Emirats arabes unis, sous le thème «Tirer parti du potentiel que représentent les migrants en vue de renforcer la résilience», la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a été invitée à exposer les mesures mises en place au Maroc pour réaliser cet objectif.

Intervenant à cette occasion, Mohamed Touzani, project manager à la CGEM, a rappelé que la migration «peut être volontaire ou involontaire». «Lorsque l’Homme se déplace, il ne le fait pas tout seul, mais déplace avec lui son capital, matériel s’il en dispose, mais aussi immatériel», poursuit-il, citant les croyances, la culture, l’expérience et la manière de faire. «Tous cela créera de la richesse là où l’homme ira», enchaîne-t-il.

Opération Marhaba et 13e région de la CGEM

Pour le représentant de la CGEM, chaque pays se doit de recenser et d’identifier les populations étrangères et leurs besoins en vue de créer des mécanismes. Quant aux populations qui émigrent du Maroc, Mohamed Touzani estime que chaque Etat doit orienter sa population et l’informer sur le pays où elle va aller pour qu’elle ne se trompe pas de pays ou de vocation. L’occasion pour lui de citer aussi l’opération annuelle Marhaba, destinée aux Marocains résidant à l’étranger, lors de laquelle ces derniers ramènent avec eux leurs capitaux matériels et immatériels.

Le représentant du secteur privé marocain souligne la nécessité de mettre en place «une stratégie pour soutenir l’intégration socio-économique des migrants qui ont décidé de revenir dans leurs pays d’origine». «Il ne faut pas que ces personnes deviennent des étrangers dans leurs pays d’origine», explique-t-il. Le représentant de la CGEM cite à cet égard la mise en place d’une 13e région au sein du Patronat destinée aux MRE.

S’adressant aux différentes délégations venues assister à la conférence, Mohamed Touzani recommande de «capitaliser sur les bonnes expériences, d’ouvrir le débat et de reconduire les expériences ayant donné des résultats».

La formule de la CGEM pour l’employabilité des migrants au Maroc

Le représentant du patronat marocain a également estimé que «la première réussite d’un migrant est de trouver un travail et d’avoir une indépendance financière pour son épanouissement». «Il y a donc l’entreprenariat et le salariat, plus difficile, d’où le rôle important des employeurs qui doivent offrir des postes à ces migrants», reconnait-il. De plus, «il n’y a pas toujours un bon "matching" entre la compétence du migrant et ce que l’entreprise recherche».

Enfin, pour pallier le problème d’employabilité des migrants au Maroc, Mohamed Touzani cite la mise en place prochaine de l’Observatoire des métiers et des branches, tout comme la réflexion menée sur les «métiers semi-spécialisés» destinés aux migrants.

«L’un des objectifs majeurs de l’observatoire est de rapprocher les besoins des employeurs en termes de compétences avec ceux des formations, afin que les produits de ces formations soient facilement intégrables au sein de l’entreprise marocaine. Les migrants constituent une partie sur laquelle se penchera cet observatoire.»

Mohamed Touzani

Quant aux métiers semi-spécialisés, le représentant du patronat explique qu’une liste a été établie comprenant «des métiers que les personnes peuvent exercer après des formations de 3 à 6 mois, puisque cela assure au migrant une intégration rapide au marché du travail». Il s’agit d’une «porte d’entrée» à travers laquelle «les migrants peuvent faire carrière». «L’objectif étant de proposer un emploi le plus rapidement possible», conclut-il.

Pour rappel, plusieurs thèmes sont abordés dans le cadre de tables rondes de cette deuxième journée, comme la «Mobilité sud-sud : tendances, schémas et apprentissage transférable» ou encore «Adapter la gouvernance aux facteurs contemporains de la migration». Les conclusions seront présentées vendredi avant d’annoncer celles des co-présidents du GFMD.

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