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Tabac et boissons sucrées : Les lobbies s’activent pour amender le PLF 2019

A l’occasion des discussions autour du PLF 2019 à la Chambre des conseillers, le lobby du tabac compte proposer une augmentation progressive de la TIC et ne manque pas d’apporter des arguments. Celui des boissons sucrées, également touchées par une hausse de la TIC, a déjà rencontré les conseillers.

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Le PLF 2019 prévoit les hausses de la TIC sur les boissons sucrées et le tabac. / Photomontage
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Alors que les conseillers se penchent cette semaine sur le projet de Loi de finances 2019, les lobbies s’activent à la Chambre haute pour y apporter des amendements. Voté par les représentants le 12 novembre, le PLF 2019 prévoit en effet des augmentations de la taxe intérieure de consommation (TIC) sur le tabac et les boissons sucrées. De quoi mobiliser les lobbies pour convaincre les conseillers d’amender ces deux dispositions.

Mardi soir, un document d’un lobby pro-tabac est parvenu à Yabiladi. On y explique que «sur les 53,6% de taxe intérieure de consommation existants (567 DH/1 000 cigarettes), le gouvernement veut passer à +58% de TIC et atteindre 630 DH/1 000 cigarettes».

Les lobbies pro-tabac veulent une hausse progressive

Pour ce lobby, une hausse de 58% provoquerait «la hausse de la contrebande avec toutes ses conséquences». L’occasion de rappeler que cette contrebande ne contribue pas à l’économie nationale, ainsi que ses conséquences sociales et sur la santé des consommateurs.

Le document estime que les «fondamentaux du PLF [2019 ne sont] pas réfléchis, contrairement aux augmentations progressives appliquées entre 2013 et 2016», et souligne l’absence de «prévisions d’impacts à moyen et long terme (sur le commerce régulier)», ainsi qu’un «impact sur le climat des affaires (risque de baisse des IDE)».

«Le tabac de contrebande arrive à 95% de Mauritanie. L’Etat marocain ne touche aucune taxe dessus, les consommateurs les plus fragiles/socialement défavorisés sont les plus touchés, et les risques pour la santé sont énormes.»

Lobby pro-tabac

Le lobby pro-tabac propose ainsi «une hausse de la TIC à 55% dès la première année, puis progressivement de 1% par an jusqu’en 2023».

Mais il semble que le tabac ne soit pas le seul domaine où une course contre la montre est menée pour convaincre les conseillers. Dans son édition du mardi, le journal Akhbar Alyaoum rapporte que les lobbies des boissons sucrées ont pris contact avec les différents groupes parlementaires à la Chambre des conseillers pour les convaincre d’amender le PLF 2019.

Une pratique «normale et courante»

Contacté par Yabiladi ce mercredi, le président du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des conseillers, Aziz Benazzouz rappelle qu’à l’occasion des discussions autour du PLF, la Chambre des conseillers reçoit «un certain nombre de représentants d’institutions et de la société civile pour qu’ils soumettent leurs amendements et leurs revendications». «Cette année et au cours de cette semaine, nous avons reçu 12 associations et institutions», nous dit-il.

«Nous avons reçu une association marocaine pour le diabète, l’association qui représente les sociétés de boissons sucrées ainsi que des associations des droits des consommateurs. Cela est tout à fait normal et courant.»

Aziz Benazzouz, président du groupe PAM à la Chambre haute

Pour sa part, Abdesslam Lebbar, président du groupe parlementaire du Parti de l’Istiqlal à la Chambre haute, précise que les conseillers de la nation vont «chercher à modérer la vie, devenue très chère». «La classe moyenne subit des frappes qui ont laissé et laisseront des séquelles dans la société entière. Ce n’est pas les lobbies qui nous feront changer de position, mais plutôt le fait que nous sommes conscients de l’intérêt des Marocains», tient-il à préciser.

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