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Grand Angle

Le Maroc concerné par la restitution d'œuvres africaines exposées en France ?

Parallèlement à la présentation, en France, d’un rapport suggérant de modifier la loi pour restituer des œuvres d’art africaines exposées dans des musées français, la Fondation nationale des musées du Maroc se dit prête à engager un dialogue avec les autorités françaises si ce rapport est adopté.

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Le musée du Louvre à Paris. / Ph. DR
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Ce vendredi, un rapport prônant un changement de la loi pour restituer des œuvres d’art africaines devrait être proposé au président Emmanuel Macron. Il fait suite à la volonté exprimée par le chef de l’État en novembre 2017 de mettre en œuvre d’ici à cinq ans des restitutions temporaires ou définitives d’œuvres africaines.

Selon l’Agence France-Presse, ce document recommande «un accord bilatéral entre l'État français et chaque État africain concerné [qui] prévoit, par exception au code général de la propriété des personnes publiques et au code du patrimoine, la restitution de biens culturels, et notamment d'objets des collections de musées, sortis de leur territoire d'origine pendant la période coloniale».

Elaboré par Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, nommé au printemps 2018, le rapport suggère notamment une réforme du code du patrimoine ainsi qu’une restitution d’État à État.

Une question qui ne se posait pas jusqu’à maintenant

Pays africain ayant fait l’objet d’un protectorat français (1912 à 1956), le Maroc pourrait être concerné par cette nouvelle actualité. «C’est une question qui ne se posait pas» pour le Maroc, nous déclare ce vendredi Mehdi Qotbi. Le président de la Fondation nationale des musées du Maroc (FNM) reconnait que le Maroc n'a pas une idée précise des œuvres marocaines possédées par les musées français. «Pour le moment, étant donné que la Fondation nationale des musées ne s’occupe de ces dossiers que depuis cinq ans, nous sommes en train de recenser et de voir ce que nous avons dans nos musées à nous», précise-t-il. Mehdi Qotbi ajoute qu’il «y a probablement des œuvres [marocaines] qui sont parties à l’étranger, c’est même certains».

Quant au nouveau rapport, «qui doit d’abord être accepté par le président de la République française dans sa totalité», notre interlocuteur se dit confiant de l’étroite collaboration entre la Fondation et les musées français.

«Maintenant que cette question se pose, nous allons engager un dialogue avec les autorités françaises pour savoir les œuvres qui, éventuellement, peuvent ou doivent être restituées et nous trouverons toujours un terrain d’entente. Il faut savoir que la Fondation nationale des musées a un rapport extrêmement étroit avec tous les musées français depuis qu’elle existe.»

Mehdi Qotbi

Le Maroc «n’a pas été pillé comme d’autres pays»

Pour illustrer cette forte collaboration, Mehdi Qotbi cite notamment les échanges avec des musées français. «Ils nous ont prêté des objets que nous avons rendus. Et dans le cadre des expositions, nous avons aussi prêté des œuvres aux musées français», rappelle-t-il.

Le président de la FNM souligne que le Maroc est un pays ayant «toujours été conscient de son patrimoine». «Nous ne sommes pas concernés comme certains pays qui ont été réellement pillés», conclut-il.

La situation des œuvres africaines en France est «unique au monde car, selon les experts, 85 % à 90 % du patrimoine africain serait aujourd’hui hors de son continent d’origine», précise l’AFP. Celle-ci donne l’exemple du musée du quai Branly, où «les deux tiers des œuvres africaines ont été acquises pendant la période coloniale (1885-1960)». Un aspect qui pose problème pour les auteurs du rapport et qui ravive le débat franco-français sur la colonisation et les biens mal acquis.

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