Menu

Politique Publié

Sahara occidental : Le Polisario menace l'assureur-crédit français Coface

Après sept plaintes déposées à Paris contre des entreprises françaises, le Front Polisario a menacé dimanche l’assureur-crédit Coface, l’appelant à «mettre un terme à ses activités au Sahara». Déposée par Gilles Devers, avocat du Front, la sommation donne «15 jours» pour répondre.  

Temps de lecture: 2'
La compagnie française d'assurances pour le commerce extérieur (Coface). / Ph. DR

Le Front Polisario a appelé dimanche la compagnie française d’assurances pour le commerce extérieur (Coface) à «mettre un terme à ses activités au Sahara occidental». Le 31 octobre, l’assureur-crédit français s’est vu remettre une sommation dans ce sens, déposée par un huissier de justice.

L’information est relayée par l’agence officielle du Front. Celle-ci cite M’hamed Khaddad, coordinateur du Front avec la MINURSO, qui affirme que la convocation adressée à Coface l’appelle à «mettre fin à ses activités au Sahara occidental». 

«La compagnie d’assurance française doit se conformer pleinement aux décisions de la CJUE du 21 décembre 2016 et du 27 février 2018», ajoute-t-il. M’hamed Khaddad rappelle également que «les décisions de la CJUE stipulent que le Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts, que le Royaume (du Maroc) n’a aucune souveraineté sur ce territoire ou sur les eaux adjacentes et qu’il ne devrait y avoir aucune activité économique sans le consentement du peuple du Sahara occidental».

«La Coface continue de faire fi des décisions de la CJUE, son site officiel affichant une carte du Maroc incluant illégalement le territoire du Sahara occidental, ce que le gouvernement français n’a pas publié sur le site du ministère des Affaires étrangères», fait-il savoir.

Une mobilisation visant d’autres entreprises

De son côté, l’avocat du Front Polisario en France, Gilles Devers indique que l’assureur-français dispose de «15 jours pour répondre». «Si elle (la Coface, ndlr) refuse, nous déposerons plainte au pénal pour crime de colonisation par transfert de population», menace-t-il dans une déclaration à l’AFP depuis Alger. 

La Coface, qui apportait jusqu’à sa privatisation en 1994 la garantie de l’Etat français aux entreprises françaises exportatrices, «bafoue le contenu des arrêts [de la CJUE]», ajoute l’avocat.

Depuis septembre dernier, le front séparatiste multiplie ses actions en justice contre des entreprises françaises. Le 19 octobre, Gilles Devers a déposé six plaintes contre BNP Paribas, Société Générale, AXA, Crédit Agricole, la compagnie aérienne Transavia, filiale du groupe Air France-KLM, et UCPA, une agence de tourisme et organisatrice de compétitions de surf à Dakhla. Un recours qui s’appuie sur les deux arrêts de la CJUE de janvier 2016 et février 2017. En septembre, le Front avait également intenté un procès en justice contre le groupe français Chancerelle, producteur de la marque Connétable.

Cette mobilisation ne concernerait pas seulement des entreprises françaises. Le Front séparatiste reste en effet mobilisé contre le groupe irlandais San Leon Energy, actif au Sahara. Le mois dernier, par le biais d’une organisation irlandaise, une plainte aurait été déposée accusant la compagnie pétrolière de «violation des principes directeurs de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, ndlr) pour les entreprises multinationales».

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com