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Politique Publié

Migration : «Les communales belges ont sanctionné les positions de repli sur soi» [Interview]

Centres fermés pour l’accueil les familles, interventions chez des familles hébergeant les migrants, expulsions expéditives… Autant d’aspects de la politique migratoire portée par Theo Francken (N-VA), secrétaire d’Etat belge à l’asile et la migration. La Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés de Bruxelles tire la sonnette d’alarme sur ces mesures prises à rebours de la société civile. Son porte-parole, Mehdi Kassou, revient sur ces usages.

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Photo d’illustration / Ph. Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés Bruxelles

Le gouvernement belge a décidé de mettre en place des centres fermés accueillant des familles. En tant qu’acteur de la société civile, avez-vous été consulté avant l’annonce de cette décision ?

Non, mais ce n’est pas étonnant lorsque l’on sait que par le passé, ce sont des mobilisations de la société civile qui ont conduit à la condamnation de la Belgique sur la question. Malgré la mobilisation de nombreuses associations qui contestent cette décision, le gouvernement a fini pas ouvrir ces centres.

Serait-il possible pour les associations de le faire revenir sur ce dossier, par le biais de la contestation ou de la justice (belge/européenne) ?

A l’impossible nul n’est tenu. Une forte mobilisation a permis cette année de mettre au frigo le projet de loi dit des visites domiciliaires. Néanmoins, le gouvernement actuel étant :

  • de plus en plus radical dans l’application de la dimension ferme d’une politique migratoire qu’il décrit comme étant ferme «mais humaine» ;
  • de plus en plus répressif à l’égard des personnes en situation administrative irrégulière et des migrants de passage sur notre territoire ;
  • de plus en déshumanisant lorsqu’il s’agit des migrants ;
  • de plus en plus criminalisant lorsqu’il s’agit des citoyens qui posent des actes de solidarité,

il est fort à penser qu’il ne fera pas marche arrière, à moins qu’une décision de justice n’intervienne. Pour l’heure et à ma connaissance, aucune action n’a été entamée dans ce sens.

Un sondage publié par Le Soir indique que 41% des Belges sont pour l’ouverture de ces centres, 39% sont contre et 20% sont sans avis. 55% pensent que la gestion des migrants en transit vers l’Angleterre est «trop laxiste». Pensez-vous cette politique migratoire bénéficie d’un plébiscite populaire ?

Je n’ai, à titre personnel, jamais accordé une grande importance aux sondages. Ce que je vois, c’est le résultat des dernières élections communales du 14 octobre, qui sanctionnent clairement le parti Mouvement réformateur (allié à la N-VA au sein du gouvernement fédéral). Je pense que la population francophone au moins n’a pas apprécié les positions poussant au repli sur soi, menées au sein du gouvernement par la N-VA (parti flamand, nationaliste et séparatiste) et sa légitimation par le silence du MR. Ce parti est sanctionné au profit du parti ECOLO, écologistes et progressistes, apportant des propositions de sortie de «crise de l’accueil» dans le respect de la dignité humaine.

Votre plateforme permet notamment aux migrantes et aux migrants d’être accueillis par des familles. En octobre, vous avez rapporté quatre perquisitions visant ces hôtes, mais dont les arrestations ont concerné plutôt les hébergés. Craignez-vous une recrudescence de ces bavures ?

Je ne pense pas que nous puissions parler de bavures. Les policiers ne font qu’exécuter les ordres du juge d’instruction. Nous pouvons donc soulever la question de la proportionnalité de ces perquisitions. Sont-elles nécessaires ? Les hébergés n’auraient-ils pas pu être convoqués et interrogés ? Est-il nécessaire de traumatiser toute une famille pour ensuite libérer 36 heures plus tard les membres de la famille amenés devant le juge d’instruction ?

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