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Politique   Publié

Les Panafricaines 2018 : Une deuxième édition aux couleurs de la migration

Vendredi 26 octobre aura marqué le lancement de la seconde édition des Panafricaines à Casablanca. Sous le signe de la migration, cette rencontre fédérant les femmes journalistes des pays d’Afrique permettra d’initier des actions concrètes.

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Débat en ouverture de la seconde édition des Panafricaines à Casablanca, 26 octobre 2018 / Ph. Mustapha Fahmi (Yabiladi)

Pour démêler le vrai du faux et lutter contre les idées reçues entourant les questions migratoires, il est nécessaire de commencer par le traitement des médias. C’est l’idée que partagent plus de 200 journalistes à travers 53 pays d’Afrique, réunies pendant deux jours à Casablanca. A cet effet, elles sont amenées à porter des actions concrètes, dans le cadre de la seconde édition des Panafricaines.

Fathia El Aouni, initiatrice du rendez-vous et rédactrice en chef principale à Radio 2M, explique à Yabiladi que «cette responsabilité nous incombe à nous toutes». «Ces 200 femmes vont porter une action pour changer le regard porté sur la migration africaine car les chiffres sont faussés, alors que ce sont nous qui sensibilisons les pouvoirs publics et l’opinion publique», souligne-t-elle.

Dans ce sens, des professionnelles des médias participent à des ateliers à huis clos, dont la restitution est prévue samedi. Mobilité féminine, migration climatique ou encore situation des mineurs en errance font ainsi partie des axes sur lesquels portent les sept ateliers.

L’impératif de protéger les mineurs migrants

Najat Mjid, experte indépendante des droits de l’enfant auprès des Nations unies et fondatrice de l’association «Bayti» pour les enfants de la rue, fait partie des accompagnants qui encadrent les travaux de ces ateliers. Son intervention portant sur les mineurs isolés, elle explique à Yabiladi que ce phénomène croissant touche de plus en plus de jeunes enfants.

«On estime l’ampleur de ces situations à des milliers d’enfants, face à des chiffres non disponibles, faute de système d’information coordonné entre Etats. Les causes faisant que ces enfants migrent sont souvent liés à la violence familiale ou institutionnelle dans laquelle ils vivent. Contrairement à ce qui est avancé, leur décision de partir peut être volontaire et parfois même approuvée par la famille.»

Najat Mjid

Par ailleurs, Dr Mjid indique à Yabiladi que les situations semblables à celle des mineurs marocains en errance au 18e arrondissement parisien trouvent leur source dans «la défaillance d’infrastructures d’accueil inadaptées, conduisant ces jeunes à sombrer plus rapidement dans la délinquance et l’addiction aux drogues». «Avant de les traiter comme des migrants, il faut savoir que ce sont des enfants en danger et qu’il est donc impératif de les protéger», explique-t-elle encore.

Le travail sur cette thématique parmi six autres donnera lieu à des propositions de la part des participantes. Pendant une année, elles œuvreront à asseoir les bonnes pratiques journalistiques dans le traitement de ces questions, sur la base des plaidoyers qui seront faits en clôture de la rencontre.

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