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Casablanca : L’Institut Mouna pour enfants sourds rouvre ses portes

Fermé depuis début septembre, l’Institut Mouna pour enfants sourds et malentendants a accueilli des élèves ce mois-ci. Faute de budget alloué par le ministère de la Famille, de la solidarité, de l’égalité et du développement social, l’établissement a encore du mal à reprendre son rythme.

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Une salle de classe de l’Institut Mouna pour enfants sourds et malentendants / Ph. Ghita Zine (Yabiladi)

Depuis début octobre, l’Institut Mouna pour enfants sourds et malentendants accueille quelques élèves du primaire. Le retard de cette rentrée est essentiellement dû aux problèmes financiers auquel l’établissement est confronté depuis 2016. Les enfants ont finalement pu regagner les bancs de leur école, notamment grâce à une première tranche de financement versée par le ministère de tutelle.

Cet établissement adapte l’enseignement public aux élèves à déficience auditive, aucune école étatique n’assurant ce travail. Ainsi et en convention avec le ministère de la Famille, de la solidarité, de l’égalité et du développement social, une ONG se charge de sa gestion en recevant annuellement un budget ministériel à cet effet. Il s’agit de l’Association marocaine des enfants sourds (AMES).

Une mobilisation des salariés de l’Institut

Trésorier de l’AMES, Mohamed Afouzar, confirme à Yabiladi ce mercredi que l’activité a repris doucement, notamment grâce à une première injection de fonds qui ont été momentanément bloqués pour des raisons administratives au niveau du département de Bassima Hakkaoui. Le budget devant être versé pour le compte de la rentrée scolaire 2017 / 2018 est de 830 000 DH, dont l’AMES aura touché la moitié.

«50% du budget pour l’année 2017 a été versé par le ministère de tutelle, ce qui a permis de rembourser les salaires des employés qui n’ont pas été payés pendant cinq mois. Nous attendons aussi de toucher la deuxième tranche du budget alloué par l’INDH. Faute de ces fonds-là, nous avons été contraints de reporter la rentrée scolaire, censée démarrer le 4 septembre dernier.»

Mohamed Afouzar, trésorier de l’AMES

Depuis avril dernier, les salariés de l’Institut Mouna pour enfants sourds et malentendants ne sont plus rémunérés. Les budgets ont été bloqués au niveau du ministère de tutelle, d’abord en 2016, puis en 2017, à chaque fois pour une raison administrative, comme nous l’avait expliqué Kamal Majoual, directeur pédagogique de l’école.

«Le 18 décembre 2017, l’association a fait parvenir une correspondance au directeur de l’Entraide nationale, avec un rappel du courrier le 5 août dernier», l’informant des difficultés financières dues au retard du transfert du budget, nous rappelle-t-il. Un courrier sur le même sujet a été envoyé à la ministre, Bassima Hakkaoui, à la même date, avec un rappel le 6 août, mais resté lettre morte.

C’est ainsi qu’en septembre dernier et après des correspondances envoyées à toutes les parties concernées (ministères, représentations locales…), le corps enseignant et l’équipe administrative ont suspendu l’exercice de leur travail, jusqu’à réception du budget ou réaction officielle de Bassima Hakkaoui.

L’institut n’est pas encore tiré d’affaire

Si les 50% de ce budget doivent encore être transférés à l’institut, Mohamed Afouzar nous affirme que «85% des élèves ont regagné l’école». Cependant, le trésorier de l’AMES s’inquiète sur la situation de l’école de formation aux métiers, annexe de l’établissement, qui peine également à redémarrer.

«Le projet de cette année prévoyait l’élargissement de ce centre de formation. Mais pour construire cette annexe, les autorités locales nous désignent à chaque fois un terrain dans un arrondissement différent et nous ne savons pas encore sur lequel nous pourrons assurer la continuité du projet.»

Mohamed Afouzar, trésorier de l’AMES

Si la rentrée scolaire des enfants a en tout cas pu être sauvée d’une année blanche, l’établissement a également des problèmes financiers le liant à la Caisse nationale de sécurité sociale. Faute de budget, la dette que l’Institut Mouna doit à la CNSS atteint presque les deux millions de dirhams. «Nous avons proposé l’idée de bénéficier d’une subvention exceptionnelle afin de nous aider à rembourser, mais aucune solution ne se profile pour le moment», s’inquiète Mohamed Afouzar.

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