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Affaire Khadija : Les prévenus et la plaignante sont passés à la confrontation

Ce mercredi aura marqué la deuxième audience dans le cadre de l’affaire de la jeune Khadija, une mineure de 17 ans qui dit avoir été enlevée, torturée, violée et menacée à l’arme blanche par ses ravisseurs, dont un mineur également qui a été séparé des 11 autres prévenus.

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Sit-in de soutien à Khadija dans son village à l'initiative de l'AMDH à Souk Sebt / Ph. DR.

A la chambre criminelle près la Cour d’appel de Béni Mellal, la famille de Khadija a eu rendrez-vous, ce mercredi, pour une deuxième audience d’instruction dans le cadre de son affaire d’enlèvement, de séquestration et de viol dans le village d’Oulad Ayad. Les résultats de l’expertise médicale sur la victime présumée sont aujourd’hui entre les mains du Parquet. Les avocats de la partie civile auront jusqu’au 24 octobre pour examiner ce rapport et formuler leurs requêtes.

En attendant, le dossier d’un prévenu, mineur, a été séparé des 11 autres. Contacté par Yabiladi à l’issue de cette audience, Brahim Hachane, avocat de Khadija, explique que le plus jeune mis en cause «a été écouté par un juge d’instruction chargé des mineurs». Ce dernier a ensuite entendu la victime présumée pour passer aux confrontations. «Le dossier du concerné est désormais clos. Nous connaîtrons les conclusions de l’enquête d’instruction dans une ou deux semaines, pour envisager les suites éventuelles de la procédure», affirme l’avocat.

Un procès sur fond de tensions

Alors que l’enquête d’instruction est toujours en cours, Brahim Hachane et la famille de la victime présumée font l’objet de multiples pressions, voire des menaces verbales et physiques. Egalement membre de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Souk Sebt, Me Hachane indique à Yabiladi que Khadija et ses proches n’y échappent pas, or il est difficile d’envisager son éloignement de son village.

«Concernant les violences physiques et verbales dont j’ai fait l’objet depuis le début de cette affaire, le parquet général n’a pas encore réagi avec la fermeté nécessaire. Il n’a pris aucune mesure à l’encontre de mes agresseurs, même si j’avais déposé une plainte datée du 6 septembre, avec des témoins, des enregistrement de vidéosurveillance à l’entrée du tribunal, montrant notamment l’inaction des forces de l’ordre présentes.»

Brahim Hachane, avocat de la partie civile

Face à ce silence, Me Hachane reste dans l’incompréhension, qualifiant cette inaction d’«attitude irresponsable». A la sortie de l’audience tenue ce mercredi, «les autorités publiques étaient plus présentes, ce qui a dissuadé les familles des prévenus de réagir aussi violemment que la dernière fois», selon l’avocat.

Les 12 prévenus dans le cadre de l’affaire comparaissent pour des faits de «traite d’êtres humains envers une personne de moins de 18 ans, détournement de mineur, enlèvement et séquestration, menace de mort avec usage d’arme blanche, mauvais traitements et torture ayant conduit à une incapacité permanente et à un traumatisme psychique».

Ces poursuites, passibles de lourdes peines, font encore l’objet d’une instruction. Me Hachane rappelle «la notion de secret de l’instruction à laquelle il faut se tenir». Des éléments des interrogatoires avaient fuité sur les réseaux sociaux, repris par certains médias locaux et internationaux. 

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