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Environnement   Publié

Casablanca étouffe sous les fumées de la décharge de Médiouna

Depuis près d’un mois, des odeurs d’incinérations accompagnées d’un air lourd se ressentent à Casablanca. Les habitants reprochent aux pouvoirs publics une mauvaise gestion de la décharge publique, où les déchets brûlent à ciel ouvert.

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Les substances toxiques dans l’air provenant de la décharge de Médiouna parviennent à de nombreux quartiers à Casablanca / Ph. Mustapha Fahmi - Yabiladi

En 1986, la décharge de Médiouna a été mise en place de manière temporaire. Mais le temporaire aura duré des années, avant l’annonce de sa fermeture en 2010. Cependant, la décision n’a jamais été appliquée. Depuis plusieurs semaines, les habitants des environs font même état d’incinérations régulières, dont l’odeur et les substances toxiques se ressentent désormais dans l’air de nombreux quartiers à Casablanca. Plus de 3 200 tonnes de déchets sont déversés quotidiennement dans cette décharge.

Medias24 rappelle que cette fermeture devait être effective en 2010, en vertu du contrat acté entre la société Ecomed à la commune de la ville. Deux ans plus tôt, la commune a en effet choisi cette filiale pour la conception, la réalisation et l’exploitation de la nouvelle décharge, selon la même source. A cet effet, un contrat de gestion déléguée pour 18 ans a été signé.

Selon ses termes, le site d’information indique que les deux premières années devaient être consacrées à la réhabilitation et à la fermeture de la décharge. «Pour permettre à Ecomed de remplir ses obligations, la ville s’était engagée à mettre à la disposition de la société, dès le début du contrat, un terrain de 82 hectares en vue de l’aménagement de la nouvelle décharge contrôlée», indique Medias24, à qui l’entreprise affirme que la commune n’a pas encore procédé à l’octroi de l’espace nécessaire au projet.

Les habitants suffoquent

En attendant de trouver une issue à ce problème vieux de 32 ans, des habitants de Casablanca se sont organisés en groupe de réflexions sur Facebook, afin de donner leurs avis et propositions. Des citoyens vont jusqu’à appeler à des sit-in dont les dates et le cadre n’ont pas encore été définis, tandis que d’autres préconisent un recours collectif à la justice pour porter plainte contre la commune.

Mais les problèmes respiratoires, les maladies de longue durée qui peuvent résulter de l’absorption d’un air aussi pollué ou les maux de tête dont certains Casablancais disent souffrir ne sont que la partie apparente de l’iceberg. En effet, l’autre danger de faire perdurer l’activité d’une décharge dite sauvage est celui sur l’environnement à long terme. Auprès de Yabiladi, un habitant du périmètre de Médiouna explique que «cette situation s’est répercutée sur la nappe phréatique, à cause du déversement des lixiviats ou de ses barrages qui débordent en temps de pluie abondante».

«Par conséquent, les puits des environs sont inutilisables et leur eau non-potable. Toutes les personnes qui habitent ici dans trois resorts à Bouskoura se plaignent et les propriétaires de maisons à caractère rural doivent désormais acheter de l’eau en bouteille en espérant épargner leur santé», rapporte encore le riverain.

Ce dernier affirme qu’avec un groupe de résidents, des pétitions ont été soumises aux pouvoirs publics, des correspondances envoyées au wali et au président de la commune, mais sans résultat à ce jour. «Cette région a été dévastée car elle a atteint un niveau où elle ne supporte plus les déversements des déchets et leurs lixiviats», nous précise-t-il encore, en l’absence d’une solution durable au problème de la gestion des déchets de la ville la plus habitée du Maroc.

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