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Politique   Publié

Maroc : Une nouvelle crise PJD-RNI sur fond d’échange d’accusations

Le chef du gouvernement et secrétaire général du PJD, Saâdeddine El Othmani a encore du pain sur la planche. A peine la réconciliation avec le PPS, voilà qu’une crise s’annonce entre la Lampe et le RNI, trouvant son origine dans la récente sortie de Rachid Talbi Alami.

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Saâdeddine El Othmani, secrétaire général du PJD et Aziz Akhannouch, président du RNI. / Ph. DR.

Comme à l’accoutumée, le secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), Saâdeddine El Othmani, est intervenu lundi soir pour désamorcer une énième crise qui s’est éclatée entre le PJD et l’un de ses alliés au gouvernement. Après la crise avec le PPS, c’est avec le Rassemblement national des indépendants (RNI) que le torchon brûle depuis vendredi.

El Othmani a appelé ses «frères» et «sœurs» à ne pas répliquer aux propos tenus par Rachid Talbi Alami, ministre RNIste de la Jeunesse et des sports qui participait à un événement de la Colombe, le 21 septembre à Marrakech. A l’origine de cet appel à la retenue, la sortie de Slimane El Amrani, vice-secrétaire général de la Lampe pour réagir aux propos tenus par Rachid Talbi Alami.

Mais l’appel du secrétaire général de la Lampe aux PJDistes à la retenue fera face à une deuxième sortie du RNI. Ce mardi, c’est Mustapha Baitas, membre du bureau politique du RNI et homme de confiance d’Aziz Akhannouch, qui répond à Slimane El Amrani.

Dans un long post sur Facebook, le directeur du siège central de la Colombe annonce que le RNI et le PJD doivent «laver leur linge sale» devant l’opinion publique. Il accuse les PJDiste de «porter des coups à la majorité gouvernementale».

«Notre présence au gouvernement est une décision souveraine et non pas une charité de votre parti. Nous n’attendons pas de vous une décision concernant la continuation dans le gouvernement ou le départ.»

Mustapha Baitas

Aux origines de la colère des frères d’El Othmani

Vendredi dernier, face à plus de 4 000 jeunes de la Colombe, le ministre de la Jeunesse et des sports, Rachid Talbi Alami a déclaré que la victoire de son parti aux élections partielles de Mdiq-Fnideq, le 20 septembre dernier, est un «test sur le terrain ayant confirmé le leadership du RNI. «Les citoyens ont voté contre ceux qui souhaitent détruire le pays».

«Le combat actuel est celui de deux projets sociétaux : Un qui nous représente tous comme Marocains et l’autre qui est étranger, ayant commencé dans les années soixante, sans pour autant réussir.»

Rachid Talbi Alami

Le RNIste n’a pas raté l’occasion pour se prononcer sur la campagne de boycott ayant concerné trois entreprises nationales, dont Afriquia, appartenant à Aziz Akhannouch, président de la Colombe.

«Le RNI est un bon guerrier qui peut ne pas gagner une bataille mais qui sait comment survivre et retenter une deuxième chance», conclut-il lors de son intervention. De quoi irriter le numéro 2 du parti de la Lampe.

El Amrani répond à Talbi Alami

Lundi, Slimane Al Amrani s’est adressé directement à Rachid Talbi Alami, lui rappelant que «le projet de sabotage (évoqué par ce dernier, ndlr) a gagné la grande confiance des Marocains lors des rendez-vous électoraux du 25 novembre 2011, du 4 septembre 2015 et du 7 octobre 2016».

«Osez-vous donc accuser les Marocains de ‘soutenir un tel projet d’un parti élu à la tête du gouvernement pour la deuxième fois successive et qui est chagé de la gestion de plusieurs grandes villes marocaines ? Accusez-vous les Marocains d’être des mineurs ? Est-ce de la démocratie ?»

Slimane El Amrani

Le numéro 2 de la Lampe déterre, par la même occasion, un ancien différend entre le PJD et le RNI pour rappeler le blocage de la formation d’un nouveau gouvernement au lendemain des législatives de 2016. «Avez-vous oublié que votre parti, qui n’a que 37 sièges (à la Chambre des représentants, ndlr) était capable de contrôler les tractations pour la formation d’un gouvernement, une tâche pourtant confiée à Abdelilah Benkirane dont le parti avait raflé 125 sièges ?», s’est-il interrogé. 

Slimane El Amrani a également invité implicitement le RNI à quitter le gouvernement. «Pourquoi rester alors au sein d’un exécutif dirigé par un parti que vous décrivez ainsi ?», a-t-il lancé avant d’inviter Talbi Alami à préciser s’il s’agit d’une opinion personnelle ou de la position du RNI.

L’intervention d’El Othmani réussira-t-elle à calmer temporairement les esprits des PJDistes remontés ? Cette polémique en dit long sur l’harmonie au sein d’une coalition gouvernementale hétérogène, où les clashs entre le RNI et le son allié sont devenus presque une monnaie courante.

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