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Média Publié

Diaspo #58 : De Tanger à Abu Dhabi, itinéraire de la journaliste Imane Jebbour

Etre avocate était son rêve d’enfant, mais elle a fini par se retrouver dans le journalisme, entre radio et télévision. C’est ainsi qu’Imane Jebbour est partie vivre à Abu Dhabi, où elle produit et présente le journal télévisé pour Sky News Arabia. Portrait.

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Imane Jebbour en Russie, lors du Mondial 2018 tenu en juin dernier / Ph. Imane Jebbour

Native de Rabat, Imane Jebbour est passionnée par l’audiovisuel depuis son jeune âge. Au collège et au lycée, elle rêve de ressembler à l’une de ses héroïnes de série télévisée : l’avocate Ally McBeal. C’est finalement dans les métiers de l’audiovisuel qu’elle évoluera, quelques années plus tard, même si ses parents auraient préféré la voir entreprendre une carrière dans l’enseignement.

«Après mon BAC, en 2005, j’ai passé quelques concours d’accès à l’enseignement supérieur et j’ai été retenue en classes préparatoires d’enseignement, se rappelle-t-elle. Ma mère a tout fait pour que j’y aille, mais elle s’est laissée convaincre ensuite que mes études en journalisme seraient tout aussi intéressantes et m’ouvriront plusieurs opportunités».

La radio, une école du journalisme audio-visuel

Imane Jebbour commence ses études à l’Institut supérieur de la formation et de la communication (ISIC) la même année, à Rabat. Elle y découvre le monde du journalisme écrit, télévisé et s’initie à différents genres journalistiques.

Imane Jebbour a décroché son diplôme en journalisme en 2009 / Ph. DR.Imane Jebbour a décroché son diplôme en journalisme en 2009 / Ph. DR.

Egalement passionnée par le football, elle entame ses premières expériences dans la presse sportive, avant de passer par les plateaux d’Arryadia, ou encore derrière le micro de la Radio nationale marocaine.

«Déjà que les femmes sont peu représentées dans le monde du journalisme au Maroc, elles étaient pratiquement inexistantes dans les rédactions spécialisées en sport, il y a tout juste quelques années.»

Imane Jebbour, journaliste

La journaliste prend rapidement goût aux studios de radio et bifurque vers la presse généraliste. Tout juste après avoir décroché son diplôme, elle rentre à Medi1 Radio où elle passe son stage de fin d’études. Ne sentant pas les années passées, elles restera au sein de la radio tangéroise là-bas sept ans. 

Imane Jebbour au micro de Medi1 Radio / Ph. DR.Imane Jebbour au micro de Medi1 Radio / Ph. DR.

«Il y a le savoir que nous acquérons sur les bancs de l’université, mais le monde professionnel parsemé de mises à l’épreuve est un véritable apprentissage», confie-t-elle à Yabiladi. Ainsi, la station tangéroise «où devenir présentateur d’informations n’était pas donné à tout le monde» a réellement constitué une école pour la journaliste. Elle a eu la chance d’y côtoyer «de grands noms de la radio qui ont marqué des générations : Latifa Marouane, Nadia Ait Ali, Christophe Drevet, feu Olivier Muller, Brahim El Gharbi, Moncef Bouallag...»

Un besoin de changement

Imane Jebbour aura présenté les grandes tranches d’information sur Medi1 Radio, les magazines, les revues de presse et bien d’autres programmes. En 2016, la jeune femme sent également un besoin de changement. C’est là qu’elle tombe par hasard sur une annonce de recrutement à Abu Dhabi pour Sky News Arabia. Elle passe son entretien en visioconférence et sera retenue pour cette nouvelle aventure professionnelle. 

Ph. DR.Ph. DR.

Alors qu’elle n’a pas envisagé de quitter le Maroc aussi tôt, la journaliste s’envole vers les pays du Golfe quelques semaines plus tard. «Je n’ai pas envisagé de m’expatrier dans l’immédiat et encore moins pour aller dans cette région, nous confie-t-elle. J’ai pris une valise avec moi et après huit heures de vol, j’ai atterri à Abu Dhabi sans connaître personne, sans logement. J’ai dû me trouver un appartement une fois là-bas…»

Imane Jebbour se retrouve dans une grande rédaction «où toutes les nationalités sont représentées, avec de très grands espaces et un effectif très élargi». Pour celle qui a été habituée à «l’ambiance familiale de Medi1 Radio», l’adaptation a été difficile, du moins les premiers mois.

«Au début, je me suis sentie tellement dépaysée qu’il m’est souvent arrivé de pleurer, de sécher mes larmes et de rejoindre à nouveau mon bureau pour continuer le travail. Lorsque vous vous dites que vous avez tout laissé derrière vous, vos amis, votre famille, pour vous réadapter ailleurs, cela ne peut pas se faire en l’espace de deux ou trois semaines.»

Imane Jebbour, journaliste

Aujourd’hui, vivre à Abu Dhabi permet à la journaliste de découvrir le monde de la télévision internationale, mais également de s’ouvrir aux cultures des pays voisins : «Au Maroc, on ne rencontre pas aussi fréquemment des nationalités de différents pays arabes. Ici, on apprend à en savoir plus sur les traditions et les célébrations de chaque Etat du Moyen-Orient, comme la Palestine, la Jordanie, le Liban ou le Soudan.»

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S’il est assez facile de se créer un nouveau cercle d’amis, notamment parmi les collègues, Imane Jebbour souligne que «le fait d’être une femme marocaine vivant dans le Golfe reste souvent mal perçu». Les préjugés ont la vie dure et pour beaucoup, «les Marocaines se rendent dans la région uniquement pour se prostituer».

«Bien entendu, les personnes sensées sont conscientes que la nationalité ou le drapeau ne réduit pas les gens aux idées reçues, mais les Marocaines évitent de décliner leur nationalité de prime abord afin d’éviter les amalgames.»

Imane Jebbour, journaliste

A l’aise dans son nouvel environnement professionnel, Imane Jebbour estime qu’elle est toujours «en période d’adaptation». Désormais adoptée par le petit écran, elle rêve d’évoluer encore, réfléchissant à la possibilité de continuer des études en master, parallèlement à son parcours de journaliste. 

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