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Politique Publié

Sahara : Le Maroc et l’Algérie mobilisent leurs lobbys aux Etats-Unis

Presque vingt-quatre heures séparent la publication aux Etats-Unis de deux tribunes sur le Sahara. La première est l’œuvre d’un universitaire américain proche du Maroc, tandis que la deuxième est signée par une partisane de l’Algérie et du Polisario.

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Suzanne Scholte est une militante américaine des droits de l'homme, présidente de la Defense Forum Foundation et de l’US Western Sahara Foundation. / DR

Après le briefing du médiateur onusien Horst Köhler, le 8 août au Conseil de sécurité, le Maroc et l’Algérie mobilisent leurs lobbys respectifs aux Etats-Unis. Les deux voisins maghrébins ont mandaté leurs traditionnels plumes pour porter leurs messages à l’attention de l’administration Trump.

Rabat a choisi un de ses plus fidèles partisans, Robert M. Holley. Ce dernier est membre du Moroccan-American Center for Policy. Le 14 août, il a publié une tribune au titre révélateur : «Western Sahara : Where is Algeria ?». La diplomatie marocaine insiste en effet sur la responsabilité d’Alger, sans toutefois parvenir à convaincre la communauté internationale.

Un message à John Bolton             

L’universitaire rappelle notamment au début de son article, que le Maroc avait présenté en 2007 son plan d’autonomie au Sahara. Une initiative bien accueillie par l’administration républicaine de Georges W. Bush. Il évoque également les éloges de David Welch, alors sous-secrétaire d’Etat chargé des Affaires du Proche-Orient, de l’Afrique du Nord et de la péninsule arabique, envers la proposition marocaine, la jugeant «sérieuse et crédible». En revanche, le diplomate se montre critique avec l’offre du Polisario : «Selon nous, elle n’apporte pas de nouvelles idées», écrit Holley.

Ce petit rappel historique sonne comme un message destiné à John Bolton, le conseiller à la Sécurité nationale des Etats-Unis. Depuis sa nomination à ce poste en mars, celui-ci s’est approprié le dossier du Sahara et entend peser de toute son influence sur le processus.

Et ce n’est pas un hasard si l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Horst Köhler, a choisi de se réunir avec John Bolton seulement quelques heures avant la présentation de son briefing du 8 août devant le Conseil de sécurité.

L’Algérie fait appel à Suzanne Scholte

Le lobby algérien a très vite répondu à la tribune de Robert M. Holley par un texte de Suzanne Scholte, la présidente de la Defense Forum Foundation et de l’US Western Sahara Foundation. Cette militante des droits de l’Homme, véritable avocate du Polisario aux Etats-Unis, est connue pour ses nombreux appels adressés à l’Union européenne, à la Maison blanche et au Conseil de sécurité. Lors de sa dernière sortie, elle avait demandé à l’administration Trump de «résoudre un conflit politique de longue date autour de la dernière colonie africaine, le Sahara occidental».

Suzanne Scholte déplore également que la Minurso n’ait pu organiser un référendum au Sahara parce que «le Royaume du Maroc a dépensé des millions de dollars dans le lobbying afin de bloquer la mise en place du référendum, corrompant des responsables de l’ONU et des législateurs».

Cette mobilisation des lobbys respectifs du Maroc et de l’Algérie va sans doute aller crescendo à l’approche de la nouvelle session de l’Assemblée générale de l’ONU et de l’échéance d’octobre au Conseil de sécurité. D’autres acteurs plus influents que Robert M. Holley et Suzanne Schlote seront appelés à prendre part à la bataille.

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